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 (daddy issues)

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WHEN YOU AND I
WERE FOREVER WILD

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MessageSujet: (daddy issues)   Dim 21 Aoû - 20:56

somewhere along in
the bitterness

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(may lockhart)

l'avarice

Elle a tout. Elle n'a de toute façon, jamais manqué de rien. Ses doigts courent sur le cuir du sofa, elle s'y laisse tomber avec une tasse de café brûlant et place un bouquin de droit en équilibre sur ses jambes délicates. Ses cheveux sont entortillés dans un chignon négligé, le pull de Matt lui tombe au delà des genoux. Son parfum, il la réconforte. Il lui rappelle que Matt, il est toujours là pour elle. Quand elle doute, quand tout va bien. Dans les pires comme dans les meilleurs instants. Matthew, il vit avec elle depuis un an maintenant, et tout va pour le mieux. Ils s'aiment, ils font des plans. Et peut-être que tout cela est stupide et éphémère, peut-être que tout cela n'est qu'une ridicule précipitation. Mais May, elle a toujours vécu en suivant des lignes, des courbes parfaitement tracées. Les plans ont quelque chose de rassurant, même si ça la frustre parfois. Elle ne s'en plaint pas, elle n'en a pas le droit, elle le sait. Encore moins quand il plante un baiser sur sa tempe et qu'il lui dit combien il l'aime, avant de rejoindre le MIT où il fait ses études. Que pourrait-elle vouloir de plus ? Rien. Elle a déjà tout.

la gourmandise

Le stage de dernière année se passe à merveille. Le bureau est sympathique. Ses collègues aussi. Ils l'encouragent, l'entourent, ils sont là pour elle quand elle a des questions. Elle observe et elle a même le droit de traîner avec eux. C'est ce qu'elle fait ce soir, dans ce bar. Ça lui donne l'impression de faire partie d'une petite famille, ça lui réchauffe le cœur. Qu'on se le dise, avocate, ça n'a jamais été son rêve. C'était plutôt ce que ses parents voulaient pour elle. La gamine rêveuse, la belle aux traits naïfs et aux envies de voyage. Mais c'était bien ça son problème ; elle rêvait trop. Alors elle s'est pliée aux volontés déguisées en conseils de ses parents. Et la voilà, stagiaire dans un cabinet réputé de la ville. Elle n'est pas à plaindre, non. Elle n'a plus envie de se plaindre, même pas silencieusement, quand elle croise son regard à lui. Elle a l'impression que son cœur loupe un battement et elle se sent penaude. Le rouge aux joues, la honte pour lui serrer l'estomac quand elle se rend compte la facilité avec laquelle il la fait rire. Elle a l'impression de passer pour une cruche, mais se rassure en se disant que tout ceci n'est rien. Ce n'est qu'un collègue sympathique. Un jeune homme avec un sourire franc, qui doit faire bien des promesses et blesser bien des filles comme elle, avec son visage de divinité grecque. Ses lèvres roses caressent le vin rouge, elle s'oublie, s'enivre encore un peu. Elle agrippe son téléphone quand l'écran s'éclaire au prénom de Matthew et c'est avec la culpabilité pour lui étreindre le cœur qu'elle repose le portable contre la table.

l'envie

Son regard décroche enfin de l'écran, et c'est là qu'elle le voit. Elle a l'impression qu'il est toujours dans son champ de vision de toute façon. Quoi qu'elle fasse, il finit toujours par apparaître. Et quand il n'est pas là, elle se surprend à le chercher. Sa lèvre inférieure se pince sous la pression de ses dents. Elle le détaille sans pudeur, comme s'il était inconcevable qu'il la remarque. Il ne change pas. Ou bien il devient plus beau à chaque jour qui passe. Il est grand et il sourit tout le temps. Son regard est doux, bienveillant – du moins c'est ainsi qu'elle le voit. Ses magnifiques yeux clairs. La porte du cabinet s'ouvre, une merveileuse créature s'avance d'un pas assuré. Elle est élancée, superbe, perchée sur ses talons. Elle force le respect, rien que par cet aura inexplicable qu'elle dégage. Ses cheveux sont impeccables, ses vêtements n'ont pas un pli ou une marque disgracieuse. Son sourire est presque insolent tant il est beau et elle s'avance vers Raleigh. Elle se penche sur lui, l'embrasse. La petite blonde, elle, préfère détourner le regard et venir jouer nerveusement avec le pendentif qui habille son cou gracile. Elle le fait tourner entre ses doigts en pensant à celui qui lui a offert. Matt. Mais le sentiment étrange est toujours là, et ça la ronge de l'intérieur. Comme une jalousie qu'elle ne veut pas nommer, pas justifier, en voyant cette femme parfaite étreindre Raleigh. Elle se lève finalement d'un bond et prend la fuite d'un pas décidé avec son portable, composant un numéro qu'elle ne connaît que trop bien. Trois sonneries. Bébé, tout va bien ? May ? Oui. Oui, bien sûr. J'avais juste envie d'entendre ta voix.

la luxure

Ils auraient dû être cinq, ils ne sont que deux. Est-ce qu'elle regrette ? Pas un seul instant. Et pourtant, ça la brûle, de se trouver seule et si proche de lui. Assis au fond du bar, elle l'écoute parler, encore et encore. Ce qu'il raconte ? Elle en attrape des bribes par moment, quand elle n'est pas trop perdue à l'observer. Seul à seul, c'est tellement plus facile de le détailler, sans voir peur d'être trop étrange à ses yeux. Tout semble à l'arrêt autour d'eux et pourtant, le temps défile, encore, toujours. Elle n'arrive même pas à avoir une pensée pour Matt qui doit bosser ses cours à l'appartement. Elle devrait être avec lui, à lui faire un café, à pincer ses flancs pour le déconcentrer, le temps de lui voler un baiser. Mais elle là, en face d'un autre. De lui. Raleigh. Les verres sont vidés, la décision est prise, il est temps de partir, de faire comme si de rien n'était et de retourner chacun de leur côté. Lui avec sa belle femme, elle avec Matthew. Ils quittent l'établissement, il lui propose de la ramener et elle ne se sent pas de dire non – sa voiture est restée au cabinet de toute façon et ça leur ferait faire un détour. Alors elle s'installe dans cette voiture où le silence étouffe l'habitacle. Elle regarde par la fenêtre en comptant les secondes devenues inconfortables. Tout ça à cause de cette tension inexplicable qui plane depuis quelques temps, dès qu'elle croise son regard, qu'elle l'effleure, qu'elle se trouve simplement dans la même pièce au bureau. Elle peine même à respirer. Comme si elle ne voulait pas faire de bruit. Ne faire plus qu'un avec ce siège et disparaître. Les rues deviennent plus familières, ils sont au pied de l'appartement. Elle se tourne enfin vers lui et lui accorde un sourire presque maladroit. Merci. Lui qui a l'air toujours aussi certain, aussi déterminé, comme si aucun doute ne pouvait le faire trembler. Elle s'avance pour planter un baiser sur sa joue, mais ce sont ses lèvres que les siennes rencontrent. Un baiser anodin – une erreur qu'elle se dit d'abord. Juste un mauvais calcul. Mais ce n'en est pas un, quand l'avocat glisse une main sur la nuque de la blonde. Ce n'est pas qu'un foutu mauvais calcul, quand sa langue cherche brièvement la sienne. Elle se détache de cette étreinte brûlante avec précipitation, le dévisage un instant. Et sans demander son reste, sans un mot de plus, elle quitte la voiture et s'engouffre dans le hall d'entrée de l'immeuble.

la colère

Tout est devenu froid. Ce n'est pas que l’automne et ses pluies incessantes, ni même ces murs blancs qui semblent se refermer sur elle, qui lui donnent cette impression. Son regard est perdu quelque part dans le vague, elle joue avec un bout de manche élimée de ce vieux sweat d'université. Depuis des jours, plus rien ne va. Depuis l'accident. Raleigh est entré en collision avec une autre voiture. Et maintenant, il ne se souvient plus de rien. Matthew, avec qui la situation était tendue depuis un temps, a compris quelque chose. Qu'elle était capable de s'inquiéter pour un autre. Pour un homme dont Matt se méfie. Il n'est pas aveugle, ni stupide. May lui échappe lentement, sûrement et il n'y peut rien. On sort ? Elle soupire un peu. Je suis pas tellement d'humeur, mais vas-y. Il serre les dents, elle le voit à ce muscle qui roule sous sa joue. Tu vas te morfondre combien de temps encore ? Le reproche. Le voilà, elle l'attendait de pied ferme. Puisque c'est juste un collègue, n'est-ce pas ? Elle relève la tête vers lui, elle le fixe. Comment est-ce que tu peux dire ça en ce moment, Matt ? J'ai pas le droit de m'inquiéter pour lui, peut-être ? Tu peux pas remballer ta foutue jalousie un peu ! Il est mon ami. Il est mon ami et il est à l'hôpital ! Elle a rugi ces derniers mots, adressés à son copain avec plus de ferveur qu'elle ne l'aurait voulu. Colère qui montre à quel point elle peut tenir à l'avocat. Si c'était seulement ton ami. Tu crois que je suis complètement con, May ? Tu crois que je ne vois pas comment tu parles de lui ? Comment il te regarde quand je passe te prendre au cabinet ? Elle reste silencieuse. La vérité la saisit à la gorge, traîtresse et dévoile tout son malaise. Les yeux de Matt brillent et il secoue négativement la tête. Tu vois May. Tu vois qu'il n'est pas juste un ami. Et sur ces mots, dans un soupir qui lui fend le cœur, l'étudiant quitte l'appartement en claquant la porte derrière lui. Elle, bercée de ces larmes silencieuses, elle préfère fermer les yeux et oublier combien elle souffre. Tout ira bien. Tout finira par aller bien.

l'orgueil

Nous sommes fiers de toi, May. À May ! Les applaudissements se font entendre, elle sourit, un peu mal à l'aise de toute cette attention qu'on lui porte soudainement. Puis tout le monde lève sa coupe de champagne et en prend une lampée, elle en fait autant. Toutes ces personnes qui sont sa famille, tous sont réunis pour la féliciter de sa réussite. L'obtention d'un diplôme dont elle n'est même plus certaine de vouloir. À quoi bon ? Tout cela la rend plus malheureuse qu'autre chose. Elle se sent enchaînée, piégée dans un monde qui n'est pas le sien. Pourtant, May sourit, elle rit, fait l'effort de participer aux conversations avec les autres. Elle fait comme si tout cela avait encore du sens, alors que ce n'est plus tellement le cas. Matthew est parti du jour au lendemain, après une énième dispute concernant Raleigh. May n'a pas cherché à le retenir, elle l'a juste laissé partir. Elle l'avait assez blessé ainsi, elle en avait bien conscience, et pour ce que cette relation valait désormais, ni lui ni elle n'en voulaient encore. Alors elle s'est retrouvée seule, s'est concentrée pleinement sur ses études, sur la fin de son stage au cabinet. Et la voilà, fierté d'une famille qui dans le fond, ne la connaît pas tant que ça. Elle étouffe son malheur derrière les belles apparences. Tout ce qui compte, c'est qu'ils soient heureux, n'est-ce pas.

la paresse

Elle pensait que ce serait simple, qu'elle finirait par s'y faire, à cette vie. Devenir la parfaite petite avocate, avoir un petit ami modèle, une belle baraque et des plans pour l'avenir. Mais elle étouffe, ici. Elle crève lentement, elle asphyxie. Elle a besoin de changer d'air mais elle ne bouge pas. Elle reste assise sur la chaise de son bureau, les coudes déposes sur la surface et son menton en équilibre sur le dos de ses mains jointes. Elle regarde en face, un bureau en particulier. Elle espère un peu naïvement le voir, alors qu'elle sait pertinemment qu'il n'est pas là. Raleigh n'est plus là, et qui sait quand est-ce qu'il reviendra – s'il compte revenir un jour. Ce lieu lui serre le cœur. De tous ces bons instants passés, il n'y en a pas un seul qui ne comprenne pas Raleigh. Pourtant, il ne se souvient plus. Ni d'elle, ni de rien d'autre. Elle n'est rien de plus qu'un fantôme, un vague écho dans sa mémoire. Elle aurait tant donné, pour un peu plus de temps avec lui. Une occasion de le connaître mieux encore, de l'étreindre, une fois encore. Son sourire est mélancolique, elle soupire et en revient à ses papiers. Tout cela appartient au passé, n'est-ce pas. Elle ne doit plus y songer, juste se préoccuper d'un futur qui l'enchante peu.


    you were red, and you liked my cause i was blue.
    you touched me and suddenly i was a lilac sky.
    and you decided purple just wasn't for you.

_________________
    got you on my mind

    You got me thinking things I never used to, I'm not the phone type, I'd rather be with you. Sometimes I hold back from saying, "I miss you", But I miss you.

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