AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Crier tout bas.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

TRY AGAIN, FAIL BETTER.

avatar


{ CONCRETE WALL }
ADRESSE:
Luck's karma: Un gars désire ma mort? Moi qui voulais faire régner la loi... voilà qu'elle se retrouve contre moi.
RÉPERTOIRE:

MessageSujet: Crier tout bas.   Mer 30 Sep - 16:15



Et si la terre est sombre, et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble

@aimeeteegarden

Ta journée de travail se termine. Au lieu de te dépêcher, au lieu de suivre ton rythme habituel, tu ralentis à l'approche du vestiaire. Les autres internes le remarquent, jette des légers coups d'oeil dans ta direction. Tu n'y fais pas attention. Ton esprit est ailleurs et cela depuis quelques semaines. Depuis que ta mère t’as appelé en panique. Le mot danger ne t’a jamais été attribué. Tu as eu beau vivre en banlieue tu as toujours réussi à te faire respecter, protéger par les gars de ton quartier. Mais aujourd’hui c’est différent. Tu ne dois ta situation qu’à toi-même ou du moins à ta décision passé. Tu n’aurais jamais pensé, tu n’as jamais envisagé qu’une de tes décisions pourrait par la suite te positionner en mauvaise posture… pourtant… C’est ce qui arrive. Bien que tu ne fusses pas le seul dans cette pièce à décider du sort de John Fawkes, il s’est apparemment souvenu de ton nom, de ton visage et désire une vengeance en bonne et due forme. A sa sortie il a déclaré à l’ensemble de ton quartier qu’il te cherchait que la chasse était ouverte et que tu étais la proie.  Dans un premier temps tu as préféré dédramatiser la situation. Il va se calmer. Ne pas attiser la flamme, faire comme si tu n’entendais pas les rumeurs… Jusqu’à ce que la véritable menace s’active. Quelques jours après avoir eu ta matriarche au téléphone ta porte d’immeuble fut taguée. Y lire ton nom t’a amené à ressentir un sentiment bizarre. Une inquiétude que tu n’avais jusqu’alors jamais ressenti à ta propre encontre. Mais très vite ce sentiment fut remplacé, se déporta vers d’autres personnes. Ton entourage le plus proche. Jem. Ta mère. Jay. Ta position risque de leur causer des problèmes. Dès lors ce sentiment ne t’a plus quitté. Il te fallait trouver une solution et c’est quelques jours plus tard que te vint une idée. Tu savais parfaitement les conséquences que cela allait apporter, mais tu ne voyais rien de plus efficace. Pour le moment du moins. Pour mettre à exécution ton plan tu as du demander de l’aide à tes amis d’enfance qui étonnamment acceptèrent très vite. Ils t’ont toujours soutenu. Malgré vos différences, tu sais que tu peux compter sur eux… Bien que tu ne t’imaginais pas que leur aide allait se résumer à une protection rapprochée… vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Tu pensais que ce genre de comportement ne pouvais se voir que dans les films, séries télévisés ou encore les polars. Mais apparemment cela peut aussi se réaliser dans la vraie vie.  En plus d’être quelques peu soucieux d’affronter Fawkes, tu te sens maintenant traquer et observer au moindre de tes faits et gestes. C’est très déroutant et tu ne peux en parler à personne ayant coupé les ponts avec ta mère, Jem et Jay… Ta mère n’arrête pas de t’appeler. Essaye d’avoir des nouvelles par le biais de tes amis. Bien qu’elle n’apprécie pas ce silence radio elle connaît la raison de ce choix et ne peut au fond que l’accepter et attendre que cette histoire se tasse. Au contraire de Jem qui a décidé de fouler les interdits et tes warning pour passer vos célèbres et traditionnelles soirées entre potes. Il veut t’aider. Retrouver  ce délinquant et toi tu n’arrêtes pas de l’en dissuader. Tu veux le protéger alors que c’est toi qui te retrouve en mauvaise posture. Tu ne changeras jamais. Tu as trop peur des conséquences, peur de perdre ton ami, tout comme perdre Jay. Rien que cette idée te fais froid dans le dos. Rien que d’imaginer son visage, rien que te remémorer sa voix te donne l’énergie de continuer ta route. Tu rentres alors dans les vestiaires, te change et sors de l’hôpital ou tu y découvres ton vélo calciné. Ton regard scrute les horizons. De nouvelles représailles ? Tu penses avoir définitivement eu raison de t’éloigner de Jay. Tu n’arrives pas à l’imaginer mêler à cette histoire. Elle a déjà bien à faire avec Jem. Tomber amoureux de la petite-amie de son meilleur ami. Tu ne pouvais pas faire plus cliché… Tu marches tranquillement vers les restes de ta ferraille. Une voiture s’engage alors dans la rue perpendiculaire à la tienne. Tu restes droit. Ne sais pas trop comment réagir ni quoi faire. Tu ne t’es encore jamais retrouvé dans cette situation. La fenêtre s’ouvre et tu aperçois, remarque, distingue une tête connue. « Alors Elliot tu n’as plus de moyen de locomotion ? » « Kenny ! » Dis-ty d’un ton las. La tension redescend toutefois. Tu te permets même de sourire, expression qui n’arrive plus aussi souvent ces quelques temps. Vous vous regardez longuement. Le silence commence à peser et c’est Kenny qui le rompt. « Qu’est-ce que t’attends Elliot ? Monte je te ramène chez toi ! » « T’embête-pas ! » Réponds-tu du tac au tac. « Je vais appeler un taxi… » « Je te donne pas vraiment le choix ! Monte ! » Kenny Reagan ne t’as jamais fait peur. Bien qu’il soit réputé pour ses violentes discussions il ne t’a jamais menacé, ni touché. Tu fus l’un des rares garçons à ne pas être « bizuté » et sans faire l’innocent, tu ne connais pas toi-même les raisons de cette protection. Ta mère est la première à dire que c’était parce que tu étais gentil. Un bon petit garçon. Qui ne s’est battu que deux fois dans sa vie, pour protéger ses amis… Et puis tu n’es pas une balance… et ça, ça pèse au sein de la banlieue. Ça t’as valu la protection des plus grands, à partir de cette époque jusqu’à aujourd’hui. Tu montes dans le tacot. Met ta ceinture, Kenny tourne la clé, le moteur grogne. La voiture démarre. « Vous n’avez pas à faire ça ! » « Mec ? Tu veux vraiment relancer le sujet ? » « Oui ! » Dis-tu convaincu de ton argumentaire… cette fois-ci. « S’il voulait vraiment me faire quelque chose… il serait déjà venu m’affronter tu ne crois pas ? Il bluffe ! » Tu l’entends souffler.  « Je peux me défendre Kenny ! Je sais que tu en doutes, que vous vous en doutez tous, mais je peux ! » Tu as envie de prouver que tu es capable de t’en sortir seul, même lorsque le problème devient plus important, plus réel. « Tu crois vraiment ce que tu dis ? Derek je sais très bien que tu peux te défendre, là n’est pas la question ! » Il jette un coup d’œil dans ta direction, tu soutiens ton regard. Il soupire et continue alors. « Ne commence pas à jouer les gros durs ça ne marchera pas avec moi ! T’es un mec bien ! Ce  gars est une pourriture qui veut ta peau ! Ce n’est pas un jeu ! S’il te trouve il va te passer à tabac et je te peux te promette que ton joli minois ne ressemblera plus à rien ! » « Tu dramatises ! » « Tu le connais ? » « Je te demande pardon ? » « John Fawkes tu lui as déjà parlé ? » « Non. Je l’ai juste croisé au tribunal… » « Alors tais-toi ! » Un long silence s’installe de nouveau. Vous arrivez bientôt à destination. Il s’arrête devant ton immeuble. Tu vas pour ouvrir la portière, mais Kenny bloque la porte. Ses deux mains serrent le volant. « Fais-moi confiance ! Je le connais et ce n’est pas un rigolo d’accord ? » « Ok ! » Il soutient ton regard. « J’ai dit ok, il te faut quelque chose d'autre? ! » Un sourire s’esquisse sur son visage. Il débloque alors les portes. Tu le remercie d’un signe de tête et tombe nez à nez avec trois amis d’enfance. « Non… pas comme hier ! Mes voisins commencent à se poser des questions. « Ne fais pas ta fillette Elliot et rentre chez toi ! » Tu rumines dans ta barbe. « N’oublie pas de nous apporter du coca ! » dit l’un de tes amis avant que tu ne refermes la porte de l’immeuble derrière toi. Monte les escaliers, rentre dans ton appartement. Referme la porte à clé. Récupère ton portable dans ton sac avant de le poser dans l’entrée. Direction la cuisine, tu composes le numéro du répondeur, appuie sur la touche haut-parleur, le dépose sur le comptoir et va te chercher une bouteille de lait, présente dans le frigo. Tu bois au goulot, la bouteille manque de glisser entre tes mains lorsque tu entends sa voix. Jay. Ça fait bien une semaine et demie que tu as « coupé » les ponts. Tu déposes la bouteille sur le comptoir, fixe ton mobile, n’arrive plus à le lâcher du regard. Elle te demande ce qui a… Ce qu’elle a fait de mal. Elle se sent coupable, fautive de quelque chose qui n’a rien avoir. Mais comment lui dire que ton silence n’est pas désiré. Qu’encore une fois tu préfères t’éloigner d’elle pour ne pas lui causer de problème plutôt que la mettre en danger… Tu es conscient que ne plus lui adresser la parole du jour au lendemain n’est pas la meilleure idée que tu es eu. Mais la connaissant elle aurait été encore plus déterminée, prête à vivre à tes côtés. Tu exagères. T’imagine des choses alors que tu n’as pas le droit. Bien que tu ne supportes pas facilement cette distance, cela ne peut que vous faire du bien. Du moins, cela peut, peut-être éteindre tes sentiments envers elle. Pour l’instant, pour être honnête c’est plutôt l’inverse qui se provoque, mais c’est certainement le processus… Ce sentiment de manque va certainement disparaître pour laisser place à une amitié, pure et simple.   Pourquoi cette pensée te rend triste ? Ton visage, ton sourire n’est plus. Tes traits deviennent plus durs. Tu redéposes la bouteille de lait dans le frigo. Attrape une bière. Te dirige dans le salon et dépose la petite bouteille sur la table de salon. Tu essayes de te prévoir un plan de soirée. Il faut que tu vérifies tes mails, bosse tes cours, appeler ta mère… Tes pensées s’évadent très rapidement en direction de la jolie brune, puis des raisons de ton recul, de tes amis surveillant ta porte. Tu te lèves alors du canapé, ouvre la fenêtre. « Les gars ? Coca ? » Dis-tu en passant la tête en dehors. « Passent les nous par la fenêtre ! » « La … Si tu veux ! » Tu vas chercher les boissons gazeuses. Ne peux t’empêcher de trouver le moyen de transport quelques peu ridicule, mais bon, ne préfère pas en émettre une réflexion. Arrivé à la fenêtre tu penches alors de nouveau la tête. Tend le bras, jette un coup d’œil à ta cible. Va pour le laisser tomber lorsque tu aperçois Jay…traversant la rue. « Eh merde ! » « Derek… Derek bordel t’attends quoi ! » Tu lâches alors les canettes, ton ami pense les rattraper de justesse, mais une se fait la malle et s’éclate au sol ! « Bordel Derek ! Ta de la chance d’être dans ton appartement en ce moment-même ! » Ton attention étant porté sur la jeune demoiselle, la remarque de ton ami te fais tilt et tu te sens obligé de répondre. « A cause de qui ? Si tu as envie je te rejoins en bas ! » « Mais c’est qu’il se rebelle le petit ! » « Me cherche pas ! » « Pourquoi ? Tu vas me faire quoi Elliot ! Jem est pas là pour te défendre et tu es bien trop gentil pour faire quoi que ce soit! » « Tu peux te taire ! »  Dis-tu en réalisant que Jay a arrêté sa marche et qu’elle se trouve actuellement en face de ton immeuble. En face de tes amis d’enfance. Regardant en haut. Te regardant. « Hey. » Tu te sens ridicule, indigne d’elle en ce moment présent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

TRY AGAIN, FAIL BETTER.

avatar


{ CONCRETE WALL }
ADRESSE:
Luck's karma: poursuivie par des autruches -> accident de voiture -> direction les urgences.
RÉPERTOIRE:

MessageSujet: Re: Crier tout bas.   Lun 26 Oct - 20:53



Et si le jour ne vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas

@htgawam.aimeeteegarden

Onze jours. Onze. C'est énorme, quand on y pense, et à la fois, c'est très peu. Dans mon esprit, c'était le bout du monde. Je ne faisais pas partie de celles qui se sentaient obligés d'harceler pour se sentir aimée pour réconfortée. Je n'étais pas jalouse au point de demander à mon copain pourquoi il ne m'avait pas répondu à mon texto de 17h27. Qu'est ce qu'il faisait, avec qui, où, et pourquoi. Je n'étais pas non plus l'amie qui se plaisait à faire des crises parce qu'elle a découvert que son allié de toujours tissait une complicité avec une fille qu'elle n'appréciait pas. Et jouer les caprices de diva parce que je n'avais pas une réponse dans les temps que je voulais, très peu pour moi. Non, tout ça, ce n'était pas moi. Ma situation familiale m'avait toujours amenée à ne dépendre que de moi-même. Pourtant, ce jour-là, ce fameux "jour 11", j'étais inquiète. L'esprit ailleurs, je ne parvenais même pas à effectuer mon travail correctement. J'en étais même venue à ramener un livre sur la révolution française à un doctorant en histoire qui était venue jusqu'à moi dans l'optique de commander la dernière version d'un livre sur la guerre de sécession. J'avais beau me concentrer, mes inquiétudes s'imposaient à mon esprit à chaque jour en plus sans nouvelles. Onze jours sans nouvelles de Derek. Jamais nous n'avions laissé passé autant de temps sans se voir, se parler. Il nous arrivait d'être débordés, occupés. C'était même fréquent avec mon travail de bibliothécaire et son statut d'interne en médecine, qui se trouvaient être relativement incompatibles la majorité du temps. Mais nous nous prévenions toujours. Or, là, c'était silence radio complet. Aucune réponse à mes deux/trois textos, aucune à mon appel d'il y a quatre jours. Qu'avais-je fait de mal ? En parfaite cérébrale que j'étais, je faisais tout pour me souvenir de chaque détail de notre dernière entrevue. Mes paroles, mes actes, mes petites blagues, tout ce qui aurait pu être interprété de telle façon, qui aurait pu le blesser d'une manière ou d'une autre et lui donnerait de bonnes raisons de m'en vouloir et de faire vœu de silence à mon égard. J'avais beau me creuser la tête, je ne trouvais rien qui pouvait justifier pareil traitement. Et je culpabilisais d'autant plus. Avait-il découvert quelque chose sur moi entre temps ? Quelque chose qui l'obligeait à prendre ses distances ? J'essayais de tout concevoir, de tout envisager. Je n'avais aucune réponse à mes questions, et ce vide commençait vraiment à m'atteindre plus que je ne le souhaitais. Je me sentais ridicule. Après tout, n"importe qui avait le droit de ne pas répondre à ses textos et aux appels durant un temps. Seulement, ce comportement était tellement aux antipodes de celui de Derek que j'en restais perplexe. Durant le déjeuner, à treize heures, j'en venais même à me demander s'il ne lui était pas arrivé quelque chose de grave. Je me rassurais du mieux que je pouvais à cette idée : Jem m'aurait prévenue dans ce cas-là. Après tout, je n'étais peut-être qu'une amie récente, une fille que Derek avait rencontré il y avait peu de temps, à qui il ne pouvait peut-être pas tout dire. Mais Jem était son meilleur ami depuis qu'ils étaient tout petits. Je faisais confiance à Jem pour ça : si Derek avait de réels soucis, il m'en aurait touché deux mots. Alors, je pris mon mal en patience et replongea dans le travail toute l'après-midi, croisant les doigts pour voir apparaître le cadrant "nouveau message" à la fin de la journée. Mais à dix-neuf heures, mes espoirs furent déçus. Toujours rien. Tandis que je fermais le rideau de fer de la bibliothèque qui protégeait les ouvrages anciens dans la remise, mon impulsivité se chargea de prendre en main mon portable pour pianoter le numéro de Derek. La boite vocale. « Bonjour Derek, c'est moi. Jay. » Je regrettais déjà de laisser ce message, consciente qu'il m'aurait rappelé si il l'avait pu, ou voulu. Un message vocal n'allait rien changer. Mais j'avais besoin qu'il sache que je m'inquiétais pour lui. Sans lui mettre de pression ou quoi que ce soit. Je voulais juste un signe de vie, quel qu'il soit. J'essayais de garder le cran qui m'avait poussée à téléphoner, et continuai sur ma lancée : « je ne veux pas te déranger, je ne sais pas ce que tu fais, mais ça fait quelques jours que je n'ai pas de tes nouvelles. Je m'inquiète un peu. Si tu es débordé avec ton travail, ou quoi que ce soit, il n'y a pas de souci, je comprendrais, mais comme tu ne réponds vraiment pas ... Enfin, je sais pas, je ... » il y avait tant de choses que je voulais lui demander, tant d'inquiétudes que je voulais apaiser. Je refusais de les exprimer jusque-là, et pourtant, sur ce message, je laissais la question se poser de manière sincère, d'une voix qui trahissait mon manque d'assurance, mes craintes et ma faiblesse : « j'ai ... J'ai fait quelque chose de mal ? Je t'ai vexé, j'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas ? Rappelle moi quand tu as deux minutes. Ou envoie moi juste un texto. Ou ce que tu veux. Salut. » minable. J'avais été vraiment minable. Je regrettais déjà d'avoir appelé. Si c'était pour dire ça, ça n'en valait pas la peine. Le mieux était de s'occuper l'esprit. C'est pourquoi, sur le chemin du retour, dans le froid glacial du début de soirée, je parvins à trouver le courage d'aller faire toutes les courses qui m'attendaient. Glissant mes mains dans les poches de mon manteau pour les réchauffer, je laissais mes pas m'amener jusqu'au supermarché. Le soleil commençait à peine à se coucher lorsque j'en sortais, et mes obligations ménagères ne m'avaient pas rassurée comme je l'avais espéré. Tant pis, j'aurais essayé. Cependant, il fallait croire que le destin s'amusait à me torturer d'autant plus, puisque le chemin de retour le plus court jusqu'à mon domicile était la rue Sverker. Autrement dit, la rue dans laquelle se trouvait l’hôpital du centre ville. Le lieu de travail de Derek. A croire que tout était mis en oeuvre pour m'obliger à y penser. J'eus un mal fou à continuer mon chemin comme si de rien n'était. Ma seule envie était de pénétrer dans le hall d'entrée et aller voir si le silencieux au teint basané et au regard tendre était toujours à son poste. Mais c'était ridicule. Tout d'abord, parce que rien ne me garantissait qu'il n'était pas déjà parti. Et ensuite ... Pour lui dire quoi ? Avec mon message pathétique qui avait précédé, je pense qu'en rajouter une couche en campant devant son lieu de travail frôlerait l'harcèlement. Et s'il y avait bien une chose que je détestais, c'était de m'imposer. Alors, au lieu de cela, je rentrai chez moi et déposai les paquets dans la cuisine, me rassurant avec l'idée qu'il finirait bien par répondre, à un moment ou à un autre. A cet instant précis, mon portable vibra dans la poche de mon jeans. J'en avais presque sursauté. Je déposai alors, en vitesse, sur la table de la cuisine, les cartons de lait qui me restaient à à ranger, et ouvris le message que je venais tout juste de recevoir. C'est avec déception que je découvrais que le nom du destinataire n'était pas celui de Derek, mais de Jem. Ce dernier venait tout juste de m'envoyer en mms les photos de notre sortie avec Derek, quinze jours auparavant, durant son jour de repos. Bien que ce n'était pas forcément le moment, je me plus à y jeter un bref coup d’œil en faisant défiler les clichés que m'offraient le message, et étira un bref sourire à la vue de certains d'entre eux. Mon regard se bloqua alors sur une photo en particulier, la dernière. Celle de Derek et moi. J'observais avec attention cette photo et réalisai alors à quel point la distance qu'il mettait entre nous ces derniers jours m'inquiétait. Il fallait bien que je fasse quelque chose pour comprendre ce qui se passait au lieu de me ronger les sangs, de monter des théories plus invraisemblables les unes que les autres et laisser des messages puériles et incompréhensibles sur le répondeur du principal intéressé. Après tout, ce n'était pas le genre de Derek de réagir de cette manière, et ça ne le serait probablement jamais. Décidée, j'attrapai en vitesse la veste que j'avais posée sur la chaise près du frigo, et quitta mon domicile aussi vite que je l'avais rejoint. L'immeuble de Derek n'était pas bien loin, vingt minutes à pied tout au plus. Je n'y étais pas allée souvent et je dois avouer que j'étais gênée à l'idée de venir chez lui à l'improviste pour le mettre au pied du mur, et pourtant, je continuais mon chemin dans la soirée tombante. Ce que j'allais lui dire, comment j'allais aborder le sujet, comment j'allais expliquer que je venais à l'harceler jusqu'à chez lui, je n'en avais aucune idée. Je me fiais à l'idée que j'allais improviser. Après tout, mon unique but était de toquer chez lui, voir si il allait bien, et repartir. Et non pas de lui faire des reproches. Si il allait bien, je repartirai chez moi, tranquillement. Et le problème serait réglé. C'était tout ce que je voulais. Cette idée me consola un tant soit peu, tandis que j'arrivais dans son quartier. Tout était calme, désert. J'avançais seule dans la ruelle, lorsqu'un brouhaha parvient à mes oreilles. Un échange animé. Je ne fis pas plus attention que ça, consciente que les échanges et les bagarres étaient fréquents dans les quartiers. Je traversais la route pour rejoindre le trottoir d'en face et à cet instant, la tonalité d'une voix de l'échange attira mon attention : « A cause de qui ? Si tu as envie je te rejoins en bas ! » n'ayant pas réellement écouté, je ne captai pas encore le sens de la phrase, mais une chose est sûre, je reconnaissais cette voix. Je sortais alors de mes pensées et releva mon regard. La première chose que j'eus l'occasion d'apercevoir était un groupe de garçons, en bas de l'immeuble, la tête levée. Le groupe sur lequel toute fille seule, et saine d'esprit, n'aimerait pas tomber un soir, en rentrant chez elle. « Mais c’est qu’il se rebelle le petit ! » cette fois, j'écoutais. Et c'est à cette occasion que je reconnus le corps de celui qui se penchait en avant, quelques mètres plus haut : « Me cherche pas ! » Derek. En personne. Je continuais d'avancer sur le trottoir vers le lieu de l'altercation, les yeux posés sur mon ami. J'étais interloquée par ce qui se passait, mais visiblement, le groupe de garçons de quartier qui hurlaient en bas de l'immeuble ne semblaient pas s'être aperçus de ma présence. Ce qui, jusque là, ne me dérangeait pas le moins du monde, bien au contraire. « Pourquoi ? Tu vas me faire quoi Elliot ! Jem est pas là pour te défendre et tu es bien trop gentil pour faire quoi que ce soit! » "Jem" ? Jem Jem ? Derek connaissait ces garçons ? S'agissait-il d'une provocation, d'une bagarre, de représailles ? La vue imprenable que j'avais sur la situation commençait à me conforter dans l'idée que j'avais peut-être raison de m'inquiéter ces derniers jours. S'agissait-il de vieux amis, ou bien d'une bagarre de clans qui dégénérait et qui désignait déjà le vainqueur en l'absence de Jem ? Après tout, je ne connaissais pas Jem et Derek si bien que ça. Moi aussi, je cachais des choses sur ma vie et mon passé. Eux-mêmes pouvaient en faire autant. Et au sujet de choses bien pires. « Tu peux te taire ! » entre temps, mes yeux posés sur Derek, je m'étais arrêtée, près des marches de l'entrée, près du groupe de perturbateurs.Je rencontrai le regard de Derek, qui m'observait depuis quelques secondes. « Hey. » heureusement qu'il avait parlé, parce que j'étais incapable de faire ou dire quoi que ce soit. Me sentant de trop, j'étais incapable de dire quel était le comportement à adopter : rester, partir, monter, parler, attendre qu'il parle. J'intervenais apparemment dans une situation précise, à laquelle je ne comprenais pas grand chose. Venir ne paraissait plus être une bonne idée, finalement. « Salut ... » quelle éloquence imparable. Je continuais de le regarder, un peu mal à l'aise, mais essayant d'afficher une certaine assurance. Ou du moins, un minimum d'indifférence. Je jetai un bref regard sur les canettes explosées au sol, sur le groupe qui se tenait à côté de moi, et levai à nouveau le regard vers celui qui semblait aussi perdu que moi : « Hum ... Tout va bien ? Il y a un problème ? » je n'arrivais pas à déterminer réellement la nature de l'échange, et je ne parvenais pas non plus à déterminer ma propre situation. Je n'étais pas vraiment en position de déclarer les raisons de ma venue, là, en bas de son immeuble, près d'un groupe de garçons un peu provocateurs. Mon regard noisette continua de s’intéresser à Derek, un peu plus haut, tandis que mon cerveau tentait de trouver une explication logique à tout cela. Y avait-il des soucis avec ce groupe, ce qui expliquerait l'absence et le silence du beau médecin ces derniers jours ? Je n'appréciais en aucun cas l'idée de le savoir dans une situation comme celle-ci. Ainsi, je posai cette fois-ci mon regard franc sur le groupe qui se tenait à côté de moi et demandai clairement : « Je peux savoir ce que vous faites ici, vous ? » ma voix restait relativement calme malgré mon regard dur. Je n'étais pas vraiment agressive. Mais je voulais faire comprendre que, même si j'étais une fille, sur un trottoir, seule contre cinq ou six garçons qui m'avaient tout l'air de l'antonyme de l'expression "enfants de chœur", j'étais prête à le devenir s'ils présentaient un danger pour celui qui se trouvait au-dessus de nous. Après tout, c'était Derek.

_________________
i just feel sort of empty these days + And there's no remedy for memory your face is like a melody, it won't leave my head your soul is haunting me.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

TRY AGAIN, FAIL BETTER.

avatar


{ CONCRETE WALL }
ADRESSE:
Luck's karma: Un gars désire ma mort? Moi qui voulais faire régner la loi... voilà qu'elle se retrouve contre moi.
RÉPERTOIRE:

MessageSujet: Re: Crier tout bas.   Dim 1 Nov - 1:10



Et si la terre est sombre, et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble

@aimeeteegarden

C'est dans ce genre de moment où tu te demandes si le karma existe vraiment. Homme de sciences, ton esprit n'est pas totalement cartésien, tu permets et offre parfois le bénéfice du doute aux illuminés, voyants et autres numérologues. Ceci est loin d'être du sarcasme, tu aimes y porter de l'intérêt lorsque tu sais que cela va t'être utile. Généralement tu te plonges dans ce genre de lecture lorsqu'un patient se révèle être croyant. Tu aimes être proche de tes patients, leur apporter de la bienveillance. Tu sais que cette caractéristique est qualité, mais peut s'avérer devenir un défaut si tu n'y impose pas de limite... En parlant de limite tu aurais dû en placer avec Jay et cela depuis votre rencontre. Mais tu n'en a fais qu'à ta tête. Tu n'as pas pensé aux conséquences de tes actes, de ton comportement envers elle... Très vite vous avez formé un trio, Jem, Jay et toi. Très vite vous êtes sortis ensemble, comme des potes bien que l'attirance entre Jay et Jem était plus que remarqué. Tu as tout de suite su que c'était une fille bien. Tu as tout de suite eu cette envie de la protéger, pas parce qu'elle paraissait faible... Au contraire parce que tu ressentais en sa présence que cette force en elle, qu'elle possédait provenait certainement d'un passé douloureux et qu'elle méritait alors d'être à présent heureuse. Alors pourquoi l'amener, la pousser dans les bras de ton meilleur ami qu'on pourrait qualifier d'instable? Pourquoi ne pas se rapprocher d'elle et lui avouer tout simplement tes sentiments naissants? Certainement parce que tu n'as jamais vu Jem aussi heureux et apaisé en sa compagnie. Seule Jay arrive à le faire sourire, sincèrement. Tu tiens le rôle du meilleur ami, du confident et il vaut mieux pour tout le monde que tu taises tes sentiments malgré votre dernier rapprochement à l'hôpital; il est impossible pour toi d'envisager quoi que ce soit. Car tu ne peux vivre sans ton meilleur ami. Tu sais que cela peut paraître gamin, mais c'est pourtant la vérité. Jem fait partie de ta famille, tu ne peux imaginer le trahir ni le perdre. Véritable cercle vicieux. Qui se renferme tout doucement autour de toi. La preuve en est: la visite de Jay. évidemment que sa venue te touche, un sourire s'étire d'ailleurs sur ton visage à son Salut. Mais très vite tu te remémores les raisons de ton "enfermement", de ton éloignement et tes commissures se rétractent très rapidement. Laissant place à un visage plus neutre, à un visage dont ton entourage n'est pas habitué à côtoyer, même toi ça commence à te perturber. "Tout va bien? Il y a un problème?" Entendre sa jolie voix de nouveau te fais plaisir, même si la réponse que tu vas lui donner risquer de lui faire changer de ton. Tu n'as pas le choix. "Non, non... Aucun! Je.." ton regard n'ose plus croiser le sien et se réfugie vers ceux de tes amis, surpris eux-mêmes de ton échange actuel et surtout de la venue de la demoiselle. Sa nouvelle intervention n'en en rien en la compréhension de la situation. "Je peux savoit ce que vous faites ici, vous?" et le ton qu'elle emploi ne facilite pas la future discussion. L'un de tes amis se rapproche alors de Jay. "En quoi ça t'intéresse? On pourrait te retourner la question!" "Carlos!" "Mais dis-moi je t'ai déjà vu quelque part!" dit-il en se rapprochant d'elle de quelques pas. Ton sang n'en fait qu'un tour. Ils ont beau être là pour te  protéger, tes amis n'ont pas le droit au même traitement. Tu repasses alors ta tête à l'intérieur de ton appartement, accourt jusqu'à ta porte d'entrée, prends au vol tes clés et descends les clés quatre à quatre. Tu entends de plus en plus clairement les voix. "Tu sais quoi? J'ai pas de temps à perdre avec une mouflette comme toi! Alors si tu pouvais te barrer ça m'arrangerait bien. T'as vu? Même Derek est parti. Il n'a pas envie de te..." "Tu peux ne pas parler à ma place!" dis-tu en ouvrant la porte de l'immeuble, essouflé! "T'es finalement descendu?!" La surprise se lit dans ses yeux. "ça va ?" dis-tu en t'adressant à Jay, snobant littéralement Carlos. "Je crois que je te dois des explications. "Ouais ce serait cool!" "Je m'adresse pas à toi Carlos! "Mais c'est que tu te rebelles véritablement on dirait! Tu n'as peut-être plus besoin de nous finalement! Tu peux te protéger seul alors!" Une seule tape sur l'épaule de Carlos suffit à le calmer! "Arrête de jouer le gamin, tu t'affiches merde! On nous a dit de le surveiller, on le surveille et basta!" Vexé Carlos décide de se mettre en retrait. "Merci... Nate!" "Tu n'as pas à me remercier. C'est une tête brûlée et ton comportement ne l'aide en rien! T'es notre pote on va pas te laisser dans la merde." Il jette un bref coup d'oeil vers Jay que tu as rejoins doucement et naturellement durant l'échange musclé. "C'est pas une bonne idée!" ça tu le sais, mais connaissant la jolie brunette, tu n'as plus trop le choix à présent. Tu vas devoir lui dire la vérité, du moins un pan. "ça va aller..." dis-tu avant de croiser le regard de Jay et dire: "Je t'invite à monter? Si tu veux toujours bien de moi... enfin de mes explications. " Tu t'embrouilles c'est mauvais signe. Tu l'invites à rentrer la première dans l'immeuble, la porte se referme derrière toi laissant tes amis dehors. Vous montez les escaliers en silence, chose qui n'est pas commune entre vous deux. Vous accédez à ton appartement. De nouveau la courtoisie est de mise, Jay rentre la première et découvre ton chez toi, une part de ton intimité. "Tu veux quelque chose à boire?" dis-tu en te dirgeant vers la cuisine. Tu sors deux verres de ton placard présent en-dessus de ta gazinière, te retournes et te retrouves en face de sa frimousse. "Excuse-moi de ne pas t'avoir donné de nouvelles. Tu n'as rien fait de mal, je te le promets. Si j'ai pris du recul c'est parce que je ne pouvais pas faire autrement!" Tu sais que ce genre d'excuse se révèle généralement être un gros mensonge, mais pour toi ce n'est que la stricte vérité. "On va dire que j'ai quelques problèmes en ce moment et que... je ne voulais pas t'y mêler." Admettre que tu es dans la mouise te fais mal au coeur, car tu as toujours  et soigneusement évité ce genre de conflit. Serait-ce le karma? Si ça l'est tu n'en comprends véritablement pas les causes.

_________________
Mr Happy, Nice Guy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Crier tout bas.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Crier tout bas.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» crier tout bas (léo)
» Les aventuriers vont jamais tout droit...
» Le plus féroce de tout les chiens... Mouk!
» La Chasse, tout un art ... [ Braise ]
» Amis, envers et contre tout [ PV ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: AUCKLAND :: SOUTH :: habitations-