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 holding on, and letting go. (lucy)

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AND YOU SAID YOU ARE
U N C O N S O L A B L E

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MessageSujet: holding on, and letting go. (lucy)   Lun 8 Juin - 14:16




It's everything you wanted, it's everything you don't.
It's one door swinging open, and one door swinging closed.

@rosscopperman


Non, c'est une certitude, il n'a pas envie d'y aller. Mais il doit le faire. Parce que ça commence à traîner. Parce qu'il ne veut plus rien avoir à faire là-bas, et qu'il aimerait bien en finir aujourd'hui. Alors ce matin, il a pris son courage à deux mains. Les clés de sa voiture, et il a quitté son habitation. Pour aller chez lui. Paradoxal, pas vrai? Mais, l'endroit où il prévoit d'aller, ce n'est plus vraiment chez lui, dans un sens. Il lui a cédé la maison. Il n'en voulait pas. Et il ne regrette pas son choix. Comment aurait-il pu la garder, et passer tous les jours sur les lieux d'un autre drame de sa vie ? Non, en définitive, il ne veut plus rien avoir en commun avec ces maisons. Pas un souvenir, pas un objet, pas une pièce. Tout ce qu'il veut, c'est récupérer les affaires qu'il n'a pas pris du premier coup. Et partir, pour de bon. Peut-être que, dans le fond, il espère qu'il arrêtera de penser à elle, comme ça. Que ce sera sa manière à lui, définitive, de couper les liens. Même s'il n'a aucune garantie, il doit essayer. Il n'a pas d'autre solution, de toute façon. Alors autant mettre toutes les chances de son côté. Même s'il y a des risques. Un risque qu'il la croise, notamment. Qu'il soit obligé de lui adresser la parole. Il n'en a pas envie. Vraiment pas envie. Après tout, qu'y-a-t-il à rajouter ? Rien, à ses yeux. D'accord, leur couple n'était pas parfait. D'accord, il ne faisait sans doute pas assez d'efforts. Mais le choix, elle l'a pris pour eux, le jour où il l'a retrouvée dans leur lit, avec ce gars. Alors à partir de ce moment là, il a compris qu'il n'y avait plus de discussion à avoir. Et c'est dingue comme il s'est senti con, quand c'est arrivé. La situation, qui paraissait totalement irréelle. Comme si ça ne pouvait pas lui arriver, pas à lui. Hé bien si. Et si aujourd'hui, il essaye de balayer tous ces mauvais souvenirs d'un revers de main, ce n'est pas si simple. Parce que la culpabilité, il la porte aussi, d'un côté. Et ce n'est qu'une preuve supplémentaire à ses yeux que oui, peut-être que c'est bien lui, le problème. Que c'est lui, qui est incapable de veiller sur les gens qu'il aime.

Il échappe un soupir et se décide enfin à sortir de la voiture. Maintenant qu'il est là, il ne compte plus faire demi-tour. Mais oui, il croise toujours les doigts pour qu'elle ne soit pas là. Pour pouvoir récupérer ce qu'il a à prendre sans perdre de temps, et disparaître comme s'il n'était jamais venu. Trouver un moyen de lui laisser le double des clés aussi, pour de bon. Il n'en aura plus besoin, après cela, de toute façon. Pour l'instant, il s'en sert pour rentrer. Sans prendre la peine de sonner, de frapper. Sans s'inquiéter un instant que quelqu'un soit à l'intérieur. Et si elle est là, peut-être que ça la surprendra. Peut-être qu'elle aura peur. Elle ressentira un peu ce que lui a ressenti, ce soir là, en rentrant plus tôt, pour elle, pour eux. Pour leur anniversaire, pour l'emmener au restaurant, pour lui présenter toutes ses excuses et lui promettre d'être plus là. Pour parler du mariage, parler d'avenir, et pourquoi pas d'enfants. Mais tout ça, c'est lointain. Disparu, avec un morceau de son cœur qu'elle a gardé quelque part, ou bien qu'elle a juste détruit, il ne sait pas trop. Il arrive dans le salon. Regarde autour de lui pour faire une première inspection des lieux, quelque fois qu'il ait aussi oublié quelque chose dans cette pièce. Mais à par quelques bouquins, rien ne lui vient vraiment à l'esprit. Il réfléchit. Demeure silencieux. Bien vite, quelque chose le tire de ses pensées. Ou plutôt quelqu'un. Alors il se tourne, intrigué et surpris pour faire face à une brune. Cette brune. Il serre un peu les dents, fait comme si de rien n'était. « J'avais les clés alors je suis rentré. » Pas un salut, rien ? C'est vraiment comme ça que tu vas te la jouer Costello, après avoir entrepris tant de choses avec cette fille ? Son regard glisse à nouveau sur les environs. À la recherche de quelque chose à quoi se raccrocher. Car non, sur l'instant, il ne va pas bien. Il ne va plus bien, plus du tout. « Je n'en ai pas pour longtemps, j'ai juste oublié quelques trucs que j'aimerais récupérer. » Il s'avance un peu, lui passe à côté, toujours aussi froid. « Mais je t'en prie, tu n'as qu'à faire comme si je n'étais pas là. Qui sait. Tu reçois peut-être du monde. » Il la cherche. Malgré lui, il se montre acerbe. Presque cruel, dans ses propos, en la ramenant à ça, à ce qui s'est passé il y a un mois à peine. Mais il ne laisse rien transparaître sur son visage. Il demeure neutre, il s'éloigne.

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MessageSujet: Re: holding on, and letting go. (lucy)   Lun 8 Juin - 23:23



Le silence, il n'y a rien de pire. Cette absence de bruit peut vous rendre fou en quelques minutes car notre ouïe s'attache au moindre son, comme les battements du cœur qui deviennent vite obsédant. Ce boum boum qui rythme notre vie, il n'y a rien de tel pour vous angoissez, car chaque battement de cœur vous rapproche de la fin. Et ça, Lucy, elle connaît. Elle est en plein dedans. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle ne peut s'en prendre à personne, alors elle essaie de continuer de vivre. Sa vie est devenue un automatisme, ses gestes sont répétitifs et elle ne prend plus aucun plaisir. Lucy se laisse vivre, mais pas d'une bonne manière. Subir est le mot idéal pour décrire son quotidien, oui, elle subit ses journées. Se réveiller est un calvaire, sourire à ses clients relève d'une épreuve et son métier qui jusqu'à présent lui plaisait, n'est que supplice. Salon de beauté, un lieu idéal pour parler des vies privés, imaginez quand on doit expliquer aux habitués que nos fiançailles se sont terminés suite à une partie de jambe en l'air avec un autre homme. De quoi perdre des clients, alors Lucy se tait, elle sourit quand on lui parle du mariage et des enfants, ravale ses larmes et change de sujet. Si la maison est dans bon état, c'est grâce à son père et sa sœur qui y ont séjourné, car même faire le ménage est une torture. Elle ne se sent capable que d'une seule chose, rester allongée sur le lit avec une pizza et l'intégrale de X-Files, mais elle doit aller travailler, elle doit continuer de vivre même si sa vie sans lui n'a plus de sens. Pourtant, aujourd'hui, elle ne peut pas. Son corps refuse de continuer ce semblant de vie. Une douleur au mollet, une crampe, c'est ainsi qu'elle somatise. Bizarrement, la douleur semble se déplacer depuis quelques jours, tout a commencé par une migraine, puis un mal de gorge, des remontés acides, puis maintenant une crampe. Même son corps semble vouloir la punir pour son erreur. On dit qu'on voit la véritable valeur des choses, une fois qu'on les a perdu. A présent, elle peut en témoigner, elle en est même la preuve vivante. Les petites disputes, les différences de goût, les crises de jalousie, rien n'a d'importance à présent, elle les regrette même. Ça oui, elle regrette de ne plus entendre Sam se mettre en colère et de ne plus le voir froncer les sourcils, enfin, elle regrette de ne plus l'entendre ni de le voir tout court. Pathétiquement, il lui arrive d'ouvrir son armoire pour sentir son odeur. Le parfum de Sam a un effet rassurant sur Lucy, autant que sa présence. Elle appréhende le jour où il viendra récupérer jusqu'aux derniers objets, ses affaires. Il n'y aura plus rien sur quoi se raccrocher, plus de raison d’espérer, plus aucun souvenir visible de cet amour, il y aura juste une raison pour aller de l'avant. Lucy s'en veut, elle s'en veut d'être autant jalouse, si impulsive , mais surtout tellement bête. Ses proches essaient de la réconforter, aucun ne veut lui dire la vérité, aucun n'ose lui faire face et lui dire qu'elle a été une véritable connasse sur ce coup là. Ils la voient tellement fragile, tellement mal, qu'ils lui trouvent des raisons pour expliquer son geste. Un coup, c'est à cause de sa mère, un autre à cause des absences de Sam, puis son manque de confiance en elle. Lucy le sait, ils n'ont pas totalement tort. Si sa mère l'avait soutenu, elle n'aurait peut-être pas besoin d'être constamment rassuré sur les sentiments des autres. Si Sam n'avait pas passé autant de temps au boulot, Lucy ne se serait pas imaginé autant d'histoires, elle n'aurait pas eu ce besoin de le rendre jaloux. Si elle avait eu réellement confiance en elle, bah, rien ne serait arrivé. La douleur qui lui tord le vendre, les nausées et la fatigue sont toujours présentes, même après un mois. Sa main se referme violemment sur la rampe de l'escalier alors que l'autre glisse sur le mur. Elle murmure son prénom car l'espace d'un instant, elle a oublié qu'il était parti. Lucy est là, assise au milieu de l'escalier, en pleine crise d'angoisse. Sa bouche s'ouvre dans une grimace de douleur, elle veut crier, hurler de toutes ses forces, mais aucun son ne sort. La chaleur gagne son corps alors que sa vision devient floue. Elle étouffe et le bruit obsédant des battements de son cœur devient invivable. Elle se rue dans la cuisine où elle se recroqueville dans un coin. Elle a besoin de lui, il est son pilier.
Les cliquetis de l'horloge est à présent le seul bruit qu'elle entend. Son index tape la mesure machinalement. Une ou deux heures, qu'elle est là, dans le coin, apeurée et perdue.  Lucy n'a pas eu le courage d'appeler à l'aide, de toute façon, elle ne veut voir personne. Le clef dans la serrure la sort de sa torpeur. Il n'y a que deux personnes qui ont la clef, sa sœur et Sam. Elle attend, reste muette pour mieux entendre la personne. Durden qui jusqu'à présent est resté collé à sa maîtresse se lève et part en courant. Elle sait qui est là, alors elle s'essuie le visage et se lève difficilement.
Il est là, et Lucy hésite à partir en courant, le laisser faire ce qu'il à faire, mais elle reste plantée là. Sa voix chaude a un effet indescriptible sur le moral de la jeune femme. Les montagnes russes, elle est heureuse de le voir, mais en même temps, elle sait que ce n'est pas réciproque et ça lui brise le cœur. Lucy le laisse parler, elle n'aura pas d'autre chance pour discuter, il faut bien choisir ses mots. Son comportement, ses mots, il n'est plus le Sam qu'elle connaît, qu'elle aime, et elle se rend compte qu'elle est celle qui a détruit cet homme. «Il n'y a personne. » Une parole qu'elle se dit à elle-même. Elle voudrait lui rentrer dedans, mais sa crise d'angoisse habite encore chacun de ses muscles. Elle n'a pas le force de se battre. « Je peux pas. » Ses paroles ne s'adressent qu'à une personne, elle-même. Elle lui tourne le dos, mais plus pour très longtemps. « Je peux pas continuer comme ça, Sam. » C'est la première parole qui s'adresse à lui. « Je ne peux pas. On doit en parler, on doit essayer de... », elle ne sait pas comment terminer sa phrase qui reste alors en suspens dans l'air rempli de rancœur et de non-dits . Vivre ? Recoller les morceaux ? Aller de l'avant ? Survivre ? Elle ne sait pas trop quoi ajouter, alors elle se tait. Ses doigts tordent, frottent et caressent sa manche droite. Elle n'arrive pas à le regarder dans les yeux, elle n'arrive pas à le regarder tout court. Il est enfin là, mais elle n'y arrive pas.
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MessageSujet: Re: holding on, and letting go. (lucy)   Mer 10 Juin - 14:43



Someday, you're asked to leave me,
Couldn’t it be easy?

@haydencalnin


Des fois, il se dit que tout aurait pu être tellement plus simple. S'il n'avait pas accepté ces heures de boulot supplémentaires. S'il avait fait passé son couple avant tout le reste. S'il avait fait un peu plus attention à elle. Ça n'avait pas été faute de ne pas le vouloir. Toujours, il a désiré être là pour elle. Pour la soutenir, pour être le fiancé, et le futur mari qu'il avait promis d'être. À croire que le temps avait eu raison de sa promesse. À croire qu'il n'était peut-être pas prêt, ou tout simplement pas capable à l'époque. Comme s'il n'avait pas vraiment saisi l'ampleur de ses propos. Des efforts, il y en a eu. Il s'est, à plusieurs reprises, éloigné du boulot. Tout ça pour faire pire la semaine d'après. Il a essayé, oui. Peut-être pas assez fort. Peut-être qu'il aurait dû donner plus de sa personne. Et que de cette manière, elle n'aurait pas été chercher ailleurs. Mais il pourrait refaire le monde, avec des « et si ». Il ne veut pas. Il ne veut plus se prendre la tête avec ça. Réfléchir à en atteindre la surchauffe. Il a assez souffert. Assez donné comme ça à ses yeux. Une catastrophe de plus dans une vie déjà bien foirée. Toutes ces perspectives d'avenir soudainement écroulées. Dissoutes, dans les larmes et les propos acides. Un mois déjà, que le temps semble s'être arrêté. Pour lui du moins. Un mois où tous les matins sont aussi ternes que les précédents. Ou la moindre bonne nouvelle lui arrache un maigre sourire, avant qu'il ne retrouve une mine attristée. Fatigué, il l'est. En continu. De ne plus dormir. De se remémorer cette soirée ; il n'arrive pas à passer à autre chose, quand les images demeurent trop nettes dans son esprit. Quitter le travail, prendre le bouquet, rentrer dans la maison. Monter les marches et découvrir la scène. Quel merveilleux anniversaire de couple. Merveilleux à en pleurer. Puis dévaler les marches dans le sens inverse. Se sentir trahi. Honteux. Mal. Presque sali. Une confiance ruinée, piétinée par Lucy. Et dire que déjà, il n'avait pas grande confiance en lui. Elle aussi, elle s'est barrée à l'autre bout du monde. Puis, le type qui est arrivé. Qui a voulu calmer de jeu. La violence. Les gyrophares et le deux tons devant la maison. L'agitation, et la fin d'une soirée déjà bien pourrie.

Sam souffle. Il prend son courage à deux mains, et il se tourne, quand des bruits de pas se font entendre dans son dos. Elle est là. Debout. Fatiguée aussi, visiblement. Et le tableau est triste, quand on les voit tous les deux. Autrefois couple presque heureux. À ce jour, deux survivants bien trop distants pour s'imaginer, ne serait-ce qu'un instant, qu'ils s'aimaient, autrefois. Il la détaille en silence, pour un moment. Elle n'a plus grand chose de la Lucy qu'il fréquentait, il y a quelques mois encore. Elle a perdu toutes ses couleurs. Toute sa joie de vivre lui semble envolée. Lointaine. Un peu comme pour lui, qui ne semble être plus que l'ombre de ce qu'il était autrefois. Un garçon fou amoureux, qui ne le montrait peut-être pas assez pour sa belle. Rien qu'à y penser, l'époque lui semble lointaine. Révolue. Mais ça ne fait qu'un mois, un mois à peine. Un mois qui ne fait aucun sens à ses yeux. Aucun sens, puisqu'elle n'est plus là. Par sa faute, ou plutôt, leur faute. Lui non plus, il ne peut pas continuer comme ça. Pourtant, il le fait. Parce qu'il n'a pas vraiment le choix. Il n'a pas d'autre choix que d'avancer, et de faire comme si tout allait bien. Pour les autres, mais aussi pour lui. Pour ne pas perdre la tête. Il pose un regard attentif sur elle. Il l'écoute. À quoi bon s'énerver, de toute façon. Elle veut parler ? Lui n'est pas sûr que ce soit la solution. « De quoi Lucy ? De faire comme si rien ne s'était passé ? Comme si ce type, il était jamais passé dans notre lit ? » Son regard, il se fait noir. Ses propos eux, virent acerbes. Ce n'est pas qu'il veut lui faire du mal. Pas vraiment. C'est toute la rancune qui grandit sans cesse dans son cœur. Cette colère qui lui fait broyer du noir, sans cesse, depuis ce fameux soir. Comme si ce défouler sur le type n'avait pas été suffisant. « C'est arrivé. Et si tu crois que je vais tirer un trait dessus juste parce que je t'aime, c'est que tu ne me connais plus. » Ses mâchoires se tendent. Ses poings se resserrent. Pourtant, il demeure calme. Presque glacial. Ce qui ne présage rien de bon, ni de mauvais. Ça montre juste à quel point il est imprévisible, comme toujours. Il avance, fait un pas vers elle, puis deux. Il semble se détendre, légèrement. Action inattendue de sa part, que lui-même n'explique pas. Peut-être est-ce son regard, qui l'attendrit malgré lui. Il échappe un soupir et lui passe à côté. « Tu devrais t'asseoir. » Parce qu'on dirait que tu vas t'écrouler, Lucy. On dirait que plus rien ne va, mais tu sais, c'est le cas pour moi aussi. Et je tiens encore sur mes pieds. Il s'écarte, file un instant vers la cuisine, récupérer un grand verre d'eau. Puis il revient du côté du salon. « Tiens. Respire, bois. Et essaye de te calmer. » Il hoche un peu la tête, comme pour se convaincre lui-même que ça va marcher. Il n'a pas de remède miracle, de solution extraordinaire. Laisser le temps guérir les blessures, c'est tout ce qu'il connaît. « T'es une grande fille Lucy, pas vrai ? Tu vas survivre. » Parce que c'est ce qu'on fait tous. Survivre. C'est ce que je fais, moi aussi. Et tu vois, je suis encore en vie. Et à nouveau, presque froid, il prend de la distance. S'intéresse aux environs. Ça fait peut-être trop mal, de la voir ainsi. Alors il espère juste en rester là. Récupérer ses affaires, et fuir.

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MessageSujet: Re: holding on, and letting go. (lucy)   Sam 13 Juin - 15:38



Les battements de son cœur s’accélèrent à un tel point qu'elle a l'impression de sentir son organe bouger dans sa poitrine. Il bat fort, vite et la douleur se réveille. Elle sent chaque morceau de son cœur brisé s’éloigner un peu plus à chaque battement. C'est un peu comme avancer dans un couloir, chaque pas vous mène vers un nouvel endroit et on espère toujours que la porte qui se dresse devant nous, nous ramènera vers l'endroit qu'on vient juste de quitter. Un espoir stupide. L’espérance qui nous pousse à continuer de vivre et pas rester dans ce couloir froid. Lucy est encore dans ce couloir, à mi-chemin entre le passé et l'avenir. Tiraillé entre son amour pour Sam et l'évidence. L'évidence, qui l'a percuté de plein fouet, la laissant presque sans-vie dans le caniveau. Ça tombe bien, c'est là où doivent terminer les gens comme elle, non ? Près du sol, avec les autres ordures. T'es une ordure Lucy, une ordure au cœur brisé qui pleure comme une fillette après s'être fait choper en pleine connerie. Tu es pathétique Lucy. Regardes toi ! C'est toi la fautive, c'est toi qui a ouvert Les cuisses et pourtant, tu agis comme une victime. Arrêtes, tu n'es plus une victime, tu n'es plus la petite Lucy. Tu es une femme qui doit prendre ses responsabilités, une femme qui doit assumer ses conneries. Une fois qui doit aller de l'avant pour guérir et vivre enfin normalement. Tu es pas une moule et Sam n'est pas ton rocher. Tu es une femme indépendante qui doit profiter de la vie avant que celle-ci ne s'arrête. Tu dois le laisser partir, le laisser vivre, le laisser guérir, le laisser trouver quelqu'un de mieux, quelqu'un qui va le mériter plus que toi. Il a l'air bien, dans un meilleur état qu'elle en tout cas. C'est pas difficile, c'est pas un exploit, non plus. En plus de la séparation, elle vit avec la culpabilité qui lui ronge toutes ses pensées. En réalité, elle vit mieux la séparation que la culpabilité. Ils auraient pu rester amis, il aurait être encore là pour elle si madame n'avait pas décidé d'écarter les cuisses pour se venger. La vengeance est la pire des conneries, une invention diabolique dont les plus faibles raffolent. Pourquoi a -t-elle répondu à cet envie ? Ce besoin obsédant de lui faire vivre ce qu'elle vivait. De lui faire comprendre de la pire des manières la peine qu'elle ressentait en l'imaginant côtoyer d'autres femmes plus jolies, plus drôle, plus parfaite. Et même si tout était platonique et professionnel, ça la rendait folle. Ce besoin qu'il avait de passer autant de temps au boulot, ça lui brisait le cœur. Elle le voyait s'éloigner petit à petit avec l'image de la famille parfaite qu'elle avait en tête.
Le tableau  bouleversant qui est en train de se créer est digne d'un grand peintre. Poignant et pitoyable, entre amour et désespoir. Au moins ce n'est pas un spectacle de danse durant lequel il va l'envoyer valser. Elle baisse les yeux car elle ne peut pas supporter ce regard noir. Dommage qu'elle ne puisse pas fermer ses oreilles pour ne pas entendre la vérité. Ce type, ce doux et gentil type. Celui qui était présent alors que toi, tu n'étais pas là. Ce type qui lui faisait oublier l'absence de son futur-époux, celui qui lui redonnait le sourire. Celui qui s'occupait d'elle, pendant que Sam s'occupait d'inconnus. Elle avait envie de lui dire tout ça, de lui crier ses mots pour lui faire comprendre son désespoir, mais ça ressemblerait trop à un dédouanement, et elle ne veut pas. Elle ne veut pas rejeter la faute sur lui,  son beau martyr. Elle reste silencieuse, persuadée que les battements de son corps peuvent être entendu à des kilomètres. parce que je t'aime, que je t'aime, je t'aime, aime, tu ne me connais plus . BAM, en plein cœur, dans son orgueil déjà meurtri. Ses poings se referment sur l'ourlet de son t-shirt. Elle sent les larmes se pressée vers la sortie, mais elle n'a pas le droit de pleurer, pas devant lui. Elle lève la tête et lui fait face, honteuse.  Elle est surprise en le voyant s'approcher, elle ne sait pas vraiment comment réagir, elle reste tétanisée. C'est une bonne idée, Sam. Elle l'écoute et va s'asseoir sur le canapé. Ça lui fait de bien, il s'occupe d'elle, il prend soin de celle qui lui a brisé le cœur. Son espoir semble renaître, il ne cessera pas de la surprendre. Elle profite de son départ pour essayer de reprendre ses esprits. Elle se chuchote quelques mots d'encouragement, se frotte le visage avec ses mains qui tremblent. Elle saisit le verre d'eau de ses deux mains, pour ne pas le faire tomber, il ne manquerai plus que quelqu'un se coupe. Elle murmure un merci presque inaudible. De l'eau, elle aurait préféré de l'alcool, n'importe quoi pour lui faire oublier sa connerie et l'aider à parler. Elle ne demande que ça, survivre, pourtant elle se noie dans ses sentiments, au moins, on ne peut pas mourir dans une marée de tristesse. Elle porte le verre à sa bouche alors qu'il s'éloigne. Elle boit une gorgée pour ne pas sangloter. Ouais, t'es une grande fille, comportes toi ainsi! Elle pose le verre sur la table basse pour ne pas se blesser ou le renverser, elle ne sait plus de quoi elle est capable. « Je sais. » Sa voix est plate, elle a perdu tout signe de joie, de vie tout simplement. « Je sais que rien ne peut te faire oublier ce que j'ai fait. Rien ne peut expliquer ni pardonner mon geste. Mes paroles ne pourront jamais rattraper mon erreur, ni même mes actions. » Elle se concentre pour rester calme, pour avoir une conversion d'adulte ou aucun des deux ne sanglotent comme un enfant. « Tu veux partir, je te comprends. » Elle ne le comprend que trop bien, car elle aussi rêve de quitter cette maison qui lui rappelle sans arrêt comment elle a détruit son couple. « On ne pourra pas faire comme si rien ne s'était passé, j'en suis totalement consciente, Sam. Rien ne sera jamais comme avant, mais j'ai toujours besoin de toi. » Elle le regarde, elle veut voir sa réaction, un petit signe qui va la faire espérer. Quelque chose qui va lui dire que lui aussi a encore besoin d'elle.  « En te suivant ici, j’espérais avoir la vie dont j'ai toujours rêvé. Avoir une belle vie de famille, être heureuse et te rendre heureux. Puis tout à commencé à foutre le camps, j'ai paniqué en te voyant t'absenter un peu plus à chaque fois. J'ai eu peur que tu te lasses de notre vie, de moi. Je voulais juste te montrer ce que je ressentais en te voyant t'éloigner, mais j'ai dérapé, c'était pas prévu. Je sais que ça ne va pas te réconforter, ni changer la donne, mais tu devais le savoir. C'était la première fois, la première erreur, celle de trop. Je suis terriblement désolée, Sam.  »
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MessageSujet: Re: holding on, and letting go. (lucy)   Jeu 18 Juin - 20:59



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@straysdon'tsleep


Il ne se sent pas bien. Pas bien du tout. Il ne va pas prétendre que la voir comme ça la réjouit. Peut-être qu'il n'est pas assez salaud pour ça. Peut-être qu'un autre aurait eu une toute autre réaction. Qu'il aurait bien ri de constater ce qu'est devenue Lucy. Pas Sam. Il n'est pas comme ça. La méchanceté gratuite, ça n'a jamais été son truc. Se réjouir du mal des autres non plus. Malgré tout le tort qu'on lui a causé. Malgré tout le mal qu'il a subi. Toute la culpabilité, portée à tort ou non, sur ses épaules. Alors non, ça ne le fait pas sourire de la voir, les yeux rougis, légèrement gonflés. Ça ne lui fait pas briller le moral, de la voir se décomposer, là, face à lui. Parce qu'il se sent toujours un peu coupable, mine de rien. Et même s'il fait comme si de rien n'était, même s'il essaye de prétendre, physiquement du moins, que tout va bien.. Ce n'est pas le cas. Lui non plus, il ne va pas bien. Lui aussi, il a des nuits blanches. Lui aussi, il a craqué, plus d'une fois, en se rendant compte que son futur s'était fait la malle. Mais là, il fait des efforts. Car il ne veut pas montrer ses faiblesses. Car il veut se prouver qu'il vaut mieux que ça. Parce qu'il a peur de ce qui pourrait se passer, s'il se laissait aller comme la jeune Cartwright. Ça lui fait mal au cœur, rien que d'y penser. Tellement qu'il se sent obligé de prendre soin d'elle. Un minimum. Ça commence par l'inviter à s'asseoir, pour ne pas s'écrouler là, au milieu du salon. Il se demande pendant un instant s'il en fait trop. S'il ne devrait pas juste la laisser se débrouiller, et s'occuper de ses affaires. Mais tous ces souvenirs qui s'accumulent dans son esprit, ces années passées, tous ces bons moments... Il peut dire ce qu'il veut, ça ne fait que tirer le meilleur de lui. De ce qui reste, en tout cas. C'est sûrement pour ça qu'il va chercher ce verre d'eau. Qu'il fait attention à elle, encore un peu. Il en profite pour fermer les yeux un instant. Prendre une grande inspiration, avant d'y retourner. Car il peut dire ce qu'il veut, non, ce n'est pas si simple. Oui, ça fait mal. Oui, ça enserre son cœur, comme une compression sans fin. Oui, par moments, il a l'impression de suffoquer. Mais il fait avec. Il survit, lui aussi.

Elle lui semble si fragile, sur l'instant. Il y a une part de lui qui lui dit de s'asseoir là. De se poser un instant, de tout mettre de côté, et de la serrer dans ses bras. De la laisser se blottir contre lui, et de lui murmurer à l'oreille que demain, tout ira mieux. Mais il sait pertinemment que ce n'est pas le cas. Et il a encore trop mal à l'âme pour prendre de tels risques. Encore trop instable. Trop indécis pour risquer quoi que ce soit. Pathétique pas vrai, quand on sait que tu risques ta propre vie sans hésiter. Un trouble au cœur, une plaie à l'âme, et te voilà perdu, Costello ? Il faut croire que c'est le cas. Mais c'est humain, pas vrai ? Il se rassure derrière cette excuse. Il en a besoin, pour ne pas culpabiliser plus encore du mal qu'ils se font. Dans le silence, la voix de la brune finit par trancher. Sam l'observe en silence. Il l'écoute, sans oser bouger, ciller, ou même respirer trop fort. Comme pour être sûr de capter chacun des mots de la jeune femme. Au moins, ils sont en accord sur bien des choses. Tu sais oui. Tu sais Lucy, que je veux partir. Tu sais, tu as compris, que c'est devenu trop dur, pour moi, de rester là. J'ai besoin d'avancer. Et si je reste ici, je vais mettre ma vie sur pause. Reculer, et vivre dans le passé, quand tout allait pour le mieux. Il hoche doucement la tête. Pour montrer son accord. Son regard se perd sur elle. Ce petit bout de femme qui aurait dû porter son nom, dans quelques temps. J'ai toujours besoin de toi. Ces cinq petits mots tombent au fond de son cœur. Il détourne le regard. Ses yeux le brûlent soudainement. Il l'écoute, et pourtant, peu à peu, il a envie de lui dire d'arrêter. Qu'il ne veut pas en savoir plus. Que ça fait suffisamment mal comme ça. Il frotte ses yeux de ses mains tremblantes, pour ne pas perdre la face. Mais c'est trop tard. C'est écrit sur son front, que ça ne va pas. « Je, hm. » Qu'il tente d'abord. Il ne sait pas quoi dire. Il a peur de se tromper. Peur de lui donner de l'espoir. Il ne veut plus lui faire de mal. Il ne veut plus souffrir non plus. « Bien, je suis désolé de tout foutre en l'air. » Il a un petit éclat de rire qui lui échappe. C'est ironique. C'est nerveux. « J'ai jamais voulu te faire de mal Lucy, de quelque manière que ce soit. Je. Je voulais juste qu'on soit heureux, moi aussi. Et ça aussi, je l'ai foiré. C'est une habitude chez moi, de toute façon. J'aurais dû te prévenir dès le début, je suppose. » Il secoue un peu la tête. Définitivement, il ne se sent pas bien. Sa voix se fait moins sûre. Plus tremblante. L'homme lui, se fait vulnérable garçon, comme celui qu'il était en perdant Milo. Il fait un pas sur place, et deux, sans tellement s'en rendre compte. Il a envie de partir en courant. Mais il doit prendre ses responsabilités. Assumer ses choix. Et ça commence par lui faire face à elle. « Mais... Fuck, tu sais que j'ai jamais été bien expressif. Que j'ai jamais vraiment fait dans le sentiment, tu le sais, pas vrai Lucy ? Et tout ça, c'était tellement bien. C'était. J'aurais pas pu espérer mieux, tu vois. J'avais mon boulot, ma famille, et je t'avais toi, et damn, c'est tout ce qui comptait vraiment. » Il passe une main dans ses cheveux. Toujours aussi nerveux. Il n'est pas sûr de choisir les bons mots. Pas sûr qu'elle comprenne vraiment ce qu'il veut dire. Mais oui, il était heureux, à l'époque. Tellement heureux. « Ça aurait pu se passer autrement. On – on aurait parlé. Essayé. Mais non. Tu t'y es pris de la pire manière qui soit. » Il hausse un peu les épaules. Ses lèvres tremblent légèrement. Pour le coup, c'est peut-être lui qui a besoin de s'asseoir avec un verre d'eau. Ou juste de crier, à en perdre sa voix. « Alors non Lucy, être désolée, ça suffit pas. Et non, je ne compte pas m'excuser pour Clark. J'en ai marre d'être désolé avec tout le monde, constamment. C'est juste hors de question que je m'excuse une fois de plus d'être juste moi. » Peut-être qu'il rejette un peu trop la faute sur elle. Il n'y fait pas attention, pas vraiment. Tout ce qu'il sait, c'est que ça fait mal, et que la situation lui rappelle un peu trop le décès de Milo. Le regard des autres. Qu'on rejette la faute sur lui, constamment. Ça lui rappelle que plus d'une fois, il a dû s'excuser d'exister, et que ça l'a détruit, que ça a tout brisé. Il refuse de passer par là, à nouveau. C'est déjà assez dur comme ça de s'éloigner d'elle.

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    It's spiraling down, biting words like a wolf howling. Hate is spitting out each others mouths, but we're still sleeping like we're lovers. Still with feet touching, still with eyes meeting, still our hands match, still with hearts beating. @daughter
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