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 (sc) caught in the riptide.

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AND YOU SAID YOU ARE
U N C O N S O L A B L E

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{ CONCRETE WALL }
ADRESSE: DOWNTOWN, n°137.
Luck's karma: il va être père.
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MessageSujet: (sc) caught in the riptide.   Jeu 4 Juin - 14:43



CRÉDITS @ MINE

{ sam costello }

“and I'll be yours, When it rains it pours.
Don't you know that the kids aren't alright?”


› who are you really.
nom ; Costello, et oui, c'est italien. prénom(s) ; deux prénoms ; Cesare et Sam, même s'il ne se fait appeler que par le second. âge ; trente ans, et un avenir incertain pour seul bagage. date et lieu de naissance ; un dix-sept de mars, à Ancône, Italie. statut civil ; fiancé à une délicieuse brune du prénom de Lucy, avant qu'il ne la retrouve dans leur lit avec un autre. Fraîchement célibataire. orientation sexuelle ; simplement hétérosexuel. profession/études ; us coast guard à la base, spécialisé rescue swimmer, même s'il aide sa mère et son beau-père en tant que barman des fois. ta chanson ; human de aquilo. groupe ; risky game. limites ; rien qui ne conduise à la mort de ce pauvre sam, s'il vous plaît (genre grosses maladies incurables).caractère ; souriant, têtu, joueur, mauvais perdant, altruiste, réaliste, impulsif, parfois borné, indépendant, consciencieux, dur avec lui-même.

› in your dreams, you see us falling.

depuis quand es-tu ici? pourquoi? sam est arrivé à Auckland quand il était petit, sa famille venant d'Ancône en Italie. quel est ton meilleur souvenir, quel est le pire? son meilleur souvenir serait sans doute son premier sauvetage. Le pire quant à lui, c'est celui où les policiers sont venus frapper chez eux pour annoncer qu'ils avaient retrouvé Milo. Mort. quelle est ta plus grande crainte? faire le mauvais choix. Pas pour lui, mais pour les autres. Dans son métier, il peut arriver qu'il y ait plusieurs personnes à sauver. Mais s'il n'a pas le temps? S'il doit choisir? Est-ce qu'il pourrait se regarder en face par la suite? Il ne sait pas. quel est ton souhait le plus cher? c'est peut-être grisant de n'avoir aucun grand rêve. De considérer sa vie suffisante ainsi. Bien sûr, il rêve aux grands voyages, à partir à l'autre bout du monde, autant qu'il souhaite fonder une famille un jour, ou que la sienne se porte bien. Son souhait le plus cher pour l'instant, c'est juste de continuer à vivre tranquillement dans cette ville, de continuer à plonger tard le soir quand la mer est déchaînée, de vivre comme il l'entend, entre ses occupations et son métier. Ce n'est pas un manque d'ambition, non, c'est juste qu'il se considère bien là où il est et qu'il ne demande rien de plus qu'un peu de tranquillité. avec ta famille, ça se passe comment? on va dire que c'est tendu. Ses parents sont divorcés. Son père vit aux Etats-Unis, alors que sa mère vit ici, avec Philip, le beau-père. Sam est un peu déchiré entre les deux camps. Il sait qu'il en a fait voir de toutes les couleurs à sa mère, mais elle ne lui en veut pas. Elle s'inquiète, surtout. Avec son père, c'est plutôt tendu. Et avec son frère, autant ne pas en parler. Une catastrophe. on a tous au moins un secret, inavouable ou pas, quel est le tien? Sam s'est toujours senti coupable pour la mort de son frère cadet. C'était à lui de le surveiller. Et il a cette sensation, continuellement, d'avoir failli à cette simple petite requête laissée par sa mère le temps qu'elle réponde au téléphone. Et autant dire que les reproches de Louis, son frère aîné, n'ont rien arrangé. La culpabilité a grandi, et avec le temps, s'est ancrée au plus profond de sa personne. si tu étais un des sept péchés capitaux, lequel serais-tu? sans doute la colère. Plus jeune, Sam était impulsif, du genre à réagir sur un coup de tête. Et si ce trait de son caractère s'est beaucoup atténué avec le temps, il n'en reste pas moins présent. Parfois, Sam s'énerve. S'énerve au point de s'en faire peur, car il ne prend conscience de la chose que trop tard. C'est ce qui s'est passé de nombreuses fois au hockey sur glace, où il a presque fracturé la clavicule d'un type avec sa crosse. Ou encore, sa colère, c'est la voiture de l'amant de son ex qui l'a subie. Et tant d'autres exemples qui font de lui quelqu'un de peu tempéré parfois. un séisme touche auckland, qu'emportes-tu? n'étant pas vraiment matérialiste, il serait du genre à emporter le strict nécessaire et à tout coller au fond d'un sac sans plus réfléchir. Mais il y a un objet tout particulièrement qui lui tient à coeur, une simple photo aux teintes usées, au coins cornés par le temps, une photo qui date de son enfance, ou il est au milieu de ses deux autres frères et de Jillian, sur la plage de tawharuina, ici même en nouvelle-zélande. C'est bien la seule chose qui le raccroche au passé, et à lui, à Milo.il est temps d'en savoir plus sur toi ; il fait une fixation sur le beurre de cacahuète. si c'était possible, en collerait sûrement dans tous ses plats › il a un chien, ou plutôt, ils ont un chien, un berger australien que la connasse aka son ex-fiancée a gardé › depuis tout petit, il adore nager. que ce soit à la mer, la rivière, dans une piscine, donnez-lui des palmes, un masque et un tuba et vous ne le trouverez plus de la journée › il a validé ses degrés de plongée › il a récupéré un chat à la rue, un soir où il était allé noyer sa déprime au fond d'une bouteille d'alcool, depuis, ce chat vit avec lui et il répond au prénom de Gatbsy › sportif, il a touché à pas mal d'activités, allant du hockey sur glace à l'escalade, mais à l'université, il faisait partie de l'équipe de natation › il est pour ainsi dire, totalement incompatible avec l'informatique, son dernier ordinateur est passé par la fenêtre › il a un rapport particulier avec l'eau, si bien qu'il s'imagine mal vivre loin d'une plage › il adore le cinéma, mais genre, vraiment. à n'importe quelle heure pour aller voir n'importe quoi, il dira oui si vous lui proposez › surfeur amateur, il n'est pas rare de le croiser sur la plage lors des beaux jours pour profiter des vagues › il est un peu insomniaque, parfois. parce qu'il fait des mauvais rêves, parce que des souvenirs remontent à la surface de son esprit. des sauvetages ratés, des vies perdues, son frère cadet aussi qui le hante un peu, parfois › sa seconde passion après la mer reste le hockey sur glace qu'il pratique depuis toujours, il en a d'ailleurs tiré quelques entorses › il ne parle jamais de son passé, de son enfance, encore moins de son adolescence. personne n'a besoin de savoir. encore moins à quel point il s'est retrouvé minable alors qu'il n'avait pas passé la barre des vingt ans › il est fluent en italien › il est passionné. par tout ce qui l'entoure. par les autres, par ce qu'il fait. il a tendance à vivre les choses à leur plus haute intensité. et le retour à la réalité fait mal, parfois › c'était une famille catholique, même si Sam n'en a jamais rien eu à faire, de la religion › il a l'air d'avoir confiance en lui, tout le temps. c'est qu'un foutu masque. Sam, il a pas confiance en lui, sauf dans son métier. il a l'impression de tout foirer, avec les autres, constamment.



› don't you worry child.:
 

_________________

    It's spiraling down, biting words like a wolf howling. Hate is spitting out each others mouths, but we're still sleeping like we're lovers. Still with feet touching, still with eyes meeting, still our hands match, still with hearts beating. @daughter


Dernière édition par Sam Costello le Ven 5 Juin - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (sc) caught in the riptide.   Jeu 4 Juin - 14:44




i will just play dumb,
i won't hear a single word that's said.

@rainyday

La tête dans les étoiles. C'est comme ça que son histoire commence. Ou plutôt, qu'elle prend un nouveau départ. C'était pourtant bien parti, malgré les petites embûches de la vie. Né à Ancone, en Italie. Un père américano-italien, une mère italienne. Un grand frère pour veiller sur lui. Et un plus petit sur qui il allait veiller, un jour, à son tour. Louis, Sam et Milo. Les trois fils de la famille Costello. La vie là-bas, elle était bien. Mais il a fallu partir vers de nouveaux horizons. Pour le travail, apparemment. Alors ils sont partis, à l'autre bout du monde. Auckland city, NZ.

Il pose son regard sur l'horizon. Constate que sa bouteille est vide. Déjà? Il a un drôle de sourire un peu désespéré. Se laisse tomber en arrière, et tire sur sa clope. La fumée s'évade. Des morceaux de sa lucidité avec. Rien n'est plus pareil, depuis deux ans. James a demandé le divorce. Il est reparti vivre aux États-Unis. Julia s'est retrouvée seule, mais pas pour si longtemps en fait. Elle a rencontré Lip. Philip. Et un enfant s'est ajouté à la fratrie. Une fille, la fille de Lip. Jillian. Mais encore, tout ça, ces changements, c'est passé sans mal. Ça n'a rien à voir avec ce qui se passe ce soir dans sa tête. Rien à voir avec son soudain penchant pour la bouteille.

Non, en réalité, rien ne va plus, depuis des mois maintenant. Rien ne va plus, depuis l'accident. Et ça n'a strictement rien à voir avec Lip ou sa fille. Le seul concerné, c'est lui, désormais. Lui et sa culpabilité, qu'il traîne partout où il passe. Lui et son comportement, qui justifient sans mal la trace rouge sur sa joue. Une énième dispute avec sa mère et Lip. Il a haussé un peu le ton. A mal parlé à sa mère. Mais tu vois pas que ton Dieu, il en a rien à foutre de nous ? Des mots qu'il pensait pas tellement, dans le fond. Et pourtant, il ne voit pas d'autre solution.

Parce que, qu'est-ce qu'ils ont fait, pour mériter ce qui s'est passé ? Sam se le demande encore. Il se demande encore pourquoi est-ce que les vagues étaient si fortes ce jour là. Il se demande encore pourquoi il s'est détourné, pourquoi il a perdu de vue Milo quelques maigres secondes. Pourquoi est-ce que la mer l'a emporté, et qu'ils ne l'ont retrouvé que quelques jours plus tard, échoué sur la rive. Personne ne méritait ça. Pas Sam. Pas Milo. Ni Louis, ni Julia. Pas même Lip et Jillian.

Mais c'est arrivé. Et les jours sont passés. Les mois se sont égrainés, et la situation n'est pas allée en s'arrangeant. Absentéisme. Conneries de quartier. Se laisser aller pour oublier. Porter sa culpabilité comme un fardeau trop lourd pour un seul homme. Dix-neuf ans et déjà bousillé par la vie. But you know, i'd rather be getting high than seeing that look in their eyes. Peut-être que dans le fond, il espère crever, lui aussi. Pour se racheter. Payer sa dette envers sa famille. Oublier tout le mal qu'il leur a fait. Mais c'était qu'un accident, Sam. Un accident qu'il n'arrive pas à voir de cette façon, lui.  



that's a pretty face, the kind you'd find on someone i could save,
if they don't put me away. well, it'll be a miracle.

@jesuschrist

Hypothermie. C'est cette sensation de froid, un froid qui gèle jusqu'au creux de vos os. Un froid qui paralyse. Qui engourdit. Qui fait peu à peu perdre le sens des réalités. Un froid qui fait trembler, qui fait claquer les dents, qui colore des lèvres d'une teinte macabrement violacée. Mais il essaye de bouger, Sam. De s'agiter encore un peu. De tenir le coup, et de continuer à respirer, même si c'est dur, même si ça fait mal. Parce qu'il ne peut pas échouer, pas cette fois. Son regard dévie du bord du bac pour se poser sur l'instructeur en chef. L'homme a toujours le chrono en main. Un temps qui ne fait aucun sens, pourtant. Certainement que l'aîné attend que l'élève abandonne. Qu'il le supplie d'arrêter ça, maintenant. Mais plutôt crever que d'abandonner, comme toujours. Parce que tout ça, c'est plus qu'un stupide exercice dans une piscine avec des glaçons. Tout ça, c'est tellement plus. C'est une punition, un autre moyen de tenir tête à l'instructeur en chef avec lequel il n'arrête pas de s'accrocher depuis qu'il est ici. École des sauveteurs de la garde côtière, New London, Connecticut. Un changement presque radical après sa lente dérive à Auckland. Un retour chez son père, la reprise des études. Un retour à la normal presque déroutant, marqué par une envie de réussir. De vraiment s'en sortir. Alors non, il ne compte pas abandonner ; non, il ne compte pas s'écraser. Il le veut ce diplôme. Plus que n'importe qui ici, sûrement.

« Tu sais Sam, il y a une question que je me pose continuellement avec toi, depuis que tu as intégré l'académie. Quelque chose qui m'échappe. » L'intéressé écoute le moindre des mots. S'accroche à cela pour oublier le reste, même s'il n'est pas sûr de vouloir entendre ce que l'autre a à dire. C'est toujours mieux que de laisser tomber. D'être tenté d'abandonner là, maintenant. Parce que ça, il sait qu'il ne se le pardonnera jamais. « Tu as ce qui faut pour le job. Tu as l'esprit d'équipe, t'abandonnes pas ceux qui traînent derrière. T'es pas mauvais à l'écrit, et tu es plutôt bon à la pratique. Tu pourrais l'avoir ton diplôme, vraiment. » Sam regarde toujours en face. Le bord du bac, encore. Parce qu'il n'a pas besoin d'être flatté. Il n'a pas besoin d'entendre dire qu'il sait écrire et compter. Tout ce qu'il veut, c'est réussir, aller au bout de sa formation, et sauter des hélicoptères comme les autres, à la recherche d'une personne en détresse. « Mais continuellement, tu n'en fais qu'à ta tête. Tu es borné. Tu – à croire que tu ne réfléchis pas parfois. Tu crois que c'était intelligent de rester en apnée cet après-midi ? Tu crois que c'est responsable, de te mettre en danger pour un simple exercice ? » Après les beaux mots viennent les reproches. Il les mérite peut-être. Il n'en a pas vraiment conscience. Il repousse ses limites constamment, parce qu'il s'en sent capable. Mais inconsciemment, au fond de lui, il y a une toute autre raison. Bien plus personnelle. Bien plus douloureuse.

« J'ai appelé ta mère, pour en savoir plus sur tes motivations. » Il serre les dents. Il n'a pas besoin d'une leçon de vie. Pas besoin qu'on lui rabâche ce qui ne va pas chez lui. « Et j'ai trouvé ça. » L'homme sort un papier de sa poche. Il le déplie, l'avise du regard. Sam est curieux. Il se demande ce qu'il tient là, pour le faire ployer. « 28 Juin 2004, un défaut de vigilance fait un mort dans le quartier Nord d'Auckland. » Il détourne le regard. Essaye de faire comme si de rien n'était. De faire comme si cette date ne l'affectait pas réellement. Même si Milo est mort ce jour là. « Même si la baignade était autorisée ce jour-ci, la vigilance était de vigueur, la mer étant particulièrement agitée. » Sam s'agite. Il bouge un peu plus fort, même si ses bras ne sont pas de cet avis. « Arrêtez.. » Qu'il murmure de manière faible. Presque inaudible. « Ce sont quelques secondes d'inattention qui auront emporté Milo Costello, âgé de quinze ans. » Il le connaît par cœur, l'article. Il en connaît chaque ligne. Chaque mot. Syllabe. Et il ne veut pas en entendre une de plus. « Arrêtez ! » Il hausse le ton. Sa voix enrouée s'élève. L'homme s'arrête.

« Tu ne le sauveras pas, Costello. » Non, c'est vrai. Il ne le sauvera plus, jamais. Il ne reviendra pas en arrière. « Alors arrête tes conneries. Concentre toi. Et arrête de te comporter comme si le monde entier était contre toi. » Il claque des dents, et tape du plat de la main contre l'eau, énervé. Aucune réaction du fluide. Aucune réaction de l'instructeur non plus. « Vous savez rien. » Trois mots difficilement prononcés à cause du froid. Trois petits mots qui semblent lui coûter un effort inhumain. « Vous pensez que.. Lire un article et tout est.. Compris ? Vous comprenez rien. » Il tousse entre deux mots. Manque de couler par le fond. Brève pause. Bref silence. Et pendant un instant, les larmes se confondent avec l'eau dans laquelle il baigne. « Non. Vous avez juste, aucune, foutue, idée. De ce que c'est, le regard des autres. Se faire.. Entendre dire que c'est de votre faute. Constamment. » A bout de souffle. À bout de voix. Et de lui-même. On lui fait signe de sortir. Il s'approche doucement du bord, s'y agrippe. On l'aide et on lui pose une couverture sur les épaules. « C'était qu'un accident, Sam. T'as pas pu l'aider lui. Mais t'en aideras peut-être des dizaines d'autres, si t'arrêtes tes conneries. »


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MessageSujet: Re: (sc) caught in the riptide.   Jeu 4 Juin - 14:44




i resolved to call her up a thousand times a day,
and ask her if she'll marry me in some old fashioned way.

@everylittlething

Sam, il est nerveux. Ça ne lui ressemble pas tellement. Lui qui a toujours l'air aussi sûr de lui. De ce qu'il fait. De ce qu'il avance. Là, il n'est sûr de rien. Pourtant, il est persuadé que c'est une bonne idée. Qu'il faut le faire. Que ça va bien se passer. Il passe une main dans ses cheveux, regarde un peu autour de lui. En revient à son assiette. Lucy elle, fronce un peu les sourcils. S'interroge. Ou plutôt, l'interroge lui. « Tu te sens bien Sam ? Tu n'as presque rien mangé, depuis tout à l'heure. » Il arque les sourcils, comme s'il revenait à lui soudainement, agrémentant ce retour à la réalité d'un 'hm' plein de sens. « Oh, oui. J'étais juste. Ailleurs. » Il lui accorde un doux sourire. La regarde un bref instant, et retourne à son plat. Mais, il n'a pas faim. Pas vraiment. Pas du tout. Il la détaille, à nouveau. Retrace la courbure de chacun de ses traits avec son regard. Et ce sourire, qui lui rappelle un peu plus encore pourquoi est-ce qu'il est là ce soir. Pourquoi est-ce qu'il l'aime.

La vie aux États-Unis. Leur rencontre. Les rencards. Les défis et autres paris idiots pour fonder cette complicité. Et une amitié essuyée par des sentiments bien plus présents, bien plus intenses. Tout ça, ça lui revient soudainement à l'esprit. Cette succession d'événements anodins, qui font qu'ils sont là, à cette table, de ce restaurant. Il essaye de se rappeler pourquoi, comment ça a commencé. Ce qui l'a marqué, en premier. De ce regard doux qu'elle a si souvent pour lui. De la manière dont elle peut tirer la langue quand elle se concentre sur quelque chose. De ces petites fossettes qui creusent ses joues quand elle rigole. Mais de tout ça, c'est toujours son sourire, qui lui vient à l'esprit. Son sourire. Le sien étire un peu plus ses traits, quand il y pense. À nouveau, elle doit se demander ce qui lui passe par la tête. S'il est bien net, le garçon. Il lui répondrait sans doute qu'il ne sait lui-même pas ce qui se passe. Mais que ça ne lui déplaît pas, pour une fois, de laisser le contrôle lui échapper.

Le dessert s'en vient. Elle doit se douter de quelque chose, qu'il se dit. Ils ne parlent pas tellement, depuis le début du repas. La plupart des sujets sont légers. N'ont pas vraiment d'intérêt, de but. Alors que les assiettes sont posées et que le serveur s'éloigne, elle croise les bras sur la table, se penchant vers lui. « Tu vas te lancer oui ? » Il arque les sourcils. La regarde comme s'il ne voyait pas où elle voulait en venir. « Tu es tout pâle, Costello. » Il sourit, trahi par sa propre personne. Si c'est pas ridicule, ça. « Juste pensif. » Il hoche un peu la tête, comme pour s'en convaincre. « Bien sûr. Tu comptes attendre le café ? » Il hausse les épaules. « Je sais pas, je devrais ? » Il est grillé. Il le sait. Elle est au courant. Comment ? Il est peut-être trop transparent. Trop amoureux, aussi.

Elle lui offre un autre de ces sourires qui lui feraient croire à monts et merveilles. Il attrape l'écrin dans la poche de son manteau, et le pose sur la table, ouvert sur la bague de fiançailles. « Alors, cap ou pas cap, d'être ma femme ? » Il a un grand sourire, lui aussi. Ses mots font échos aux premiers temps. À leurs conneries passées, à tous ces petits défis, toutes ces choses qui font d'eux ce qu'ils sont à ce jour. Elle a le regard qui brille, au moins autant que le sien. La réponse tombe, en trois lettres qui le comblent. « Cap. »

i mean after all the things that we've been through,
i mean after all the things we got into.

@heartless

Il les regarde partir. S'éloigner, avec profondément imprimé dans la conscience qu'il aurait dû partir à la place de l'un d'entre eux. C'est pas normal, pour lui, de rester sur le banc de touche. Mais c'est pour la bonne cause. Il avise sa montre. Constate qu'il se met déjà en retard. Mais ça l'empêche pas tant de sourire, parce qu'il est heureux. Vraiment heureux. À l'idée de la retrouver elle. Sa fiancée. Son sourire s'étire, malin et amusé à la fois. Elle ne se doute sûrement de rien. Elle doit penser que comme souvent, il bosse ce soir. Qu'il est bien à la garde de nuit comme c'était écrit sur son planning. Mais non, ce soir, il a mis le boulot de côté. Pour elle. Peut-être parce qu'il y en a eu trop, des reproches. Des ratés, des retours en retards. Des disputes pour un rien parfois ; un rien à la définition du blond, bien sûr. Désolé babe, j'rente pas ce soir. Et peut-être pas demain. Tu sais, c'est long parfois. Mais tu savais à quoi tu t'engageais avec moi, pas vrai?

Des fois, il en doute. Et elle aussi. Elle se demande si elle est prête à subir ça toute sa vie. Ces manqués incessants. Il ne s'en rend pas tellement compte, lui. Il se dit que ce n'est rien. Que ça va passer. Une petite crise de couple que le mariage va tout arranger. Naïf qu'il est, le garçon. Mais ce soir, il a décidé de se rattraper. Elle doit sûrement penser qu'il a encore oublié que c'est leur anniversaire de couple. Mais c'est pas le cas. Il se souvient, et il a envie de lui montrer qu'il est capable d'être le type qu'il lui a promis d'être, en la demandant en fiançailles. Que malgré ses absences, il est toujours le même, et qu'il l'aime toujours autant. Puis, il l'a décidé. Il va mettre un peu le frein sur la plongée. Il se l'est promis, et il compte bien lui faire la même promesse. Sûrement vaine, mais c'est l'intention qui compte, pas vrai Sam ?

Il arrive devant la maison et ne prend pas la peine de sonner, rentrant avec ses propres clés. La lumière est restée allumée, la tv aussi. Pourtant, elle n'est pas dans le salon. « Lucy ? » Qu'il appelle une première fois, avant de se résoudre à monter à l'étage. Il entend du bruit, un éclat de rire cristallin qui se mêle à des murmures. Il ne comprend pas trop. Ou ne veut pas comprendre, au choix. Ses pas le guident comme un automate vers la chambre, leur chambre. Et quand il en pousse la porte, il se dit qu'il aurait peut-être mieux fait de rester au boulot. Qu'il aurait mieux fait de la prendre, cette garde de nuit. Que ça aurait été préférable de l'oublier, cet anniversaire, finalement. Deux pairs d'yeux hagards se tournent vers lui. L'incompréhension d'abord. La surprise pour eux. Le dégoût pour lui. Dis-moi Lucy, qu'est-ce que j'ai fait, pour mériter ça.

Des mots qui s'emmêlent. Des syllabes qui se croisent. La porte qui claque avec violence. Sam recule et dévale les marches quatre à quatre pour rejoindre le salon. Il réfléchit, mais là-haut, tout semble complètement déconnecté. Ses mais agrippent une chaise. Un instant, il espère qu'il s'est trompé. Que tout ça n'est qu'un mauvais rêve. Qu'il n'y a pas un espèce de connard dans son lit, qui se faisait sa future femme. Mais si Sam. C'est bien réel. Un peu trop, pas vrai ? Le déni mue en colère. La violence glisse dans ses veines, et bientôt, la chaise traverse la pièce pour fracasser une étagère. Les fracas l'apaisent, paradoxalement. Mais bientôt, les bruits de pas se font entendre dans les escaliers, un petit bout de femme avançant avec hésitation dans la pièce. Lui, il a le regard fou. Celui qui laisse présager le pire. « Sam, calme – » Il jette un verre contre le mur. « Quoi, c'est pas ce que je crois, j'suppose ? Tu me prends vraiment pour un con. » Elle secoue la tête. Les larmes, les premières, font surface. Comme pour l'attendrir. Mais sur l'instant, y'a plus rien de bon en lui. Rien qu'une colère aussi noire que ses pensées.

Le type débarque. Lui aussi apparemment, il veut calmer le jeu. Sam hésite un instant. Est-ce que c'est de l'ironie ? Juste une mauvaise caméra cachée ? Il aimerait. Il aimerait tellement, sur le moment. « Ça fait combien de temps ? » Qu'il demande à sa fiancée. Dis-moi Lucy, ça fait combien de temps que tu me fais ça, hein ? « Je pense que – » Il le coupe net. « Toi, ta gueule. » Et c'est là que ça dérape. C'est de là que ça part. La suite, elle lui semble floue. Irréelle. Ça ne lui ressemble pas, d'attraper ce bâton de hockey et le fracasser contre la tête du type. Pourtant, il le fait. Ça ne lui ressemblera pas plus, de finir au poste de police cette nuit. Pourtant, c'est ce qui va arriver. Et le pire, c'est que demain, il ne regrettera rien. Ni ses insultes. Ni les quinze points de suture gracieusement accordés au type. Tout ce qu'il regrettera, c'est d'être encore capable de l'aimer, elle.

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MessageSujet: Re: (sc) caught in the riptide.   Jeu 4 Juin - 14:44



wake up and look me in the eyes again,
i need to feel your hand upon my face.

@bloodstream

Ces plages, il les connaît bien. Peut-être un peu trop. Rétrospectivement, elles en ont bercé, des événements de sa vie. Des bons. Des moins agréables. Des terribles et des plus ternes. Et aujourd'hui encore, il est là. Sur l'eau. À flotter à la surface, assis sur sa planche, le regard vissé sur l'horizon. Aux quatre coins du monde, la mer reste la même à ses yeux. Capricieuse, et pourtant nécessaire. De Ancone à Auckland en passant par New London. Ne jamais en être trop éloigné, pour ne jamais vraiment la perdre de vue.

Puis, la mer, c'est son métier. Son refuge. Son échappatoire, d'autant plus après Lucy. Se quitter en bons termes, c'était pas pour eux, apparemment. Est-ce qu'il regrette ? Il ne sait pas. Il pense à elle, encore. Et si un jour il se dit qu'il devrait aller la voir, pour parler, pour s'expliquer... Le jour d'après, il ne se dit qu'il ne lui doit rien. Aucune explication. Aucune excuse. Rien. Elle lui manque pourtant, parfois. Peut-être parce qu'elle était devenue une partie trop importante de sa vie. Parce que se réveiller à côté d'elle les matins, c'était une habitude. Que de la retrouver après une journée un peu trop dure, c'était du baume au cœur. Sa solution contre tous ses maux.

Mais la silhouette qui se découpe à quelques mètres de là, ce n'est pas Lucy. Mais, il la connaît quand même. Il la connaît même plutôt bien, même si dans le fond, que sait-il d'elle ? Pas grand chose. Ce qu'elle a bien voulu lui dire. La part de mystère qu'elle lui a autorisé à découvrir. Il sourit un peu, décide de s'approcher. Tranquillement. Juste pour dire bonjour. Prendre des nouvelles. Les trucs que les gens normaux font, c'est ça ? Dans l'idée, oui. Mais à sa manière. Alors il avance, encore. Jusqu'à venir se poster juste à côté d'elle et de sa planche.

« Mais qui voilà. Liv qui s'est perdue dans le grand bassin. » Il lui offre un grand sourire taquin, quand elle se tourne. Elle sait très bien pourquoi il dit ça. Il aime y revenir, de temps en temps, à ce jour où il lui a donné un coup de main. Juste pour l'embêter. « Costello. » Il lui fait un petit clin d’œil volontairement charmeur. Tout est question d'apparence. Comme toujours. Il a envie de lui demander comment elle va. Mais il sait que c'est la question qui fâche, en règle générale. Alors il s'en passe bien, pour l'instant. Il avise plutôt le set qui arrive. Des vagues un peu plus importantes. Un défi bien sympathique.

Il se tourne brièvement vers elle. « Je te parie que j'y arrive en premier. » Et que je te pique ta vague, tant qu'on y est. Il essaye d'estimer la distance. Observe sa réaction. « Pas sans tes palmes et ton tuba, Sammy. » Elle le sait qu'il déteste ce surnom. Mais il préfère en rire, et dans le fond, il sait qu'elle n'a pas totalement tort. Elle est douée, Liv. Il n'ira pas dire le contraire, loin de là. Mais ça ne l'empêche pas de taquiner, toujours. De chercher plus loin. Il la regarde. Ou plutôt regarde ses bras, sa taille, en fronçant les sourcils. Jusqu'à ce qu'elle le remarque. Qu'elle lui demande. « Qu'est-ce que tu cherches comme ça ? » Il hausse un peu les épaules, prenant une mine plus ou moins grave. « Bien, on dirait que tu as oublié tes bouées. » Il hoche un peu la tête après ce triste constat. « C'est ça, on verra qui en aura besoin une fois là-bas. » Voilà qui a un air de défi. Il accepte, hoche à nouveau la tête. Mais avant même qu'il ne prenne l'envie à la jeune femme de le devancer, il reprend. « Well, toi, pour commencer. » Et tranquillement, il la pousse de sa planche, avec un grand sourire moqueur pour étirer ses lèvres. Et sans plus attendre, il s'élance. Sur l'eau, et en avant.

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    It's spiraling down, biting words like a wolf howling. Hate is spitting out each others mouths, but we're still sleeping like we're lovers. Still with feet touching, still with eyes meeting, still our hands match, still with hearts beating. @daughter
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